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Gabon : Il y a dix ans disparaissait Omar Bongo

08.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
De nombreuses manifestations sont prévues pour commémorer les dix ans de la disparition de l’ancien président gabonais. Une cérémonie œcuménique à laquelle plusieurs chefs d’État sont conviés aura lieu à Libreville ce 8 juin

Alors qu’il était hospitalisé dans une clinique privée depuis un mois à Barcelone en Espagne, le décès de Omar Bongo président du Gabon depuis 40 ans est annoncé par les médias espagnols. La nouvelle a été démentie par le Premier ministre de l’époque Jean Eyeghe Ndong le matin même du 8 juin 2009. La rumeur disait à l’époque qu’il souffrirait d’un cancer, raison de son hospitalisation. Les autorités gabonaises de leur côté faisaient état d’un simple bilan de santé. Pourtant il a fallu se rendre à l’évidence. Le maitre du Gabon depuis 41 ans, le doyen des chefs d’Etat africains, a bien tiré sa révérence en ce 8 juin 2009. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans la classe politique africaine et internationale, tant l’ancien président gabonais incarnait à lui seul la longévité au pouvoir. Son nom était connu de tous.

Avalanche des réactions

Les messages des dirigeants africains tout comme occidentaux pour saluer sa mémoire ont déferlé. L’ancien président Sénégalais Abdoulaye Wade a salué « la mémoire de l’illustre disparu qui a œuvré toute sa vie durant au service de son pays et de l’Afrique ». Son homologue Ivoirien Laurent Gbagbo a évoqué « un acteur clé de l’émancipation africaine » tandis que le Tchadien Idriss Deby Itno s’est dit dit « profondément bouleversé par le décès d’un grand ami et du baobab de l’Afrique ». Pour le président Français Nicolas Sarkozy, « c’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain. » Le président Américain Barack Obama a salué la mémoire d’un homme de paix qui « a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon. Son travail en faveur de la protection de l’environnement dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage ».

Mais les réactions n’ont pas été que concert de louanges, certaines furent très virulentes. Par exemple l’homme politique français Noel Mamère a dit ne pas pleurer la disparition d’une crapule. Pour lui, « tous ceux qui sont attachés à la démocratie ne pleureront pas la mort du président Bongo qui était le symbole de tout ce que nous dénonçons depuis 30 ans, c’est-à-dire la Françafrique, ces relations incestueuses, mafieuses entre quelques gouvernements africains et la France, de gauche comme de droite d’ailleurs. » Réaction presque identique de l’ancienne juge française Eva Joly qui a dénoncé la gestion de Bongo. « La manne pétrolière n’a pas profité aux Gabonais. Elle nous a profité. La France a une grande dette envers le Gabon pour avoir maintenu au pouvoir pendant toutes ces années M. Bongo » avait-elle dit.

Le pilier de la France Afrique

Avant son islamisation sur les conseils du défunt guide libyen Kadhafi en 1973, Omar Bongo a longtemps porté le prénom d’Albert-Bernard. Né en 1935, Omar Bongo doit sa carrière au premier Président gabonais Leon Mba qui fit de lui son directeur de cabinet. Pour le récompenser de sa loyauté, le président Leon Mba le nomme vice-président. C’est naturellement qu’il lui succède en 1967 avec bien entendu la bénédiction de Paris. Dès lors, il est resté toujours fidèle à la France et devint le pilier de la France Afrique. Son influence est si importante qu’il serait à l’origine de l’éviction du secrétaire d’État Français Jean Marie Bockel qui avait voulu signer l’acte de décès de la FranceAfrique. C’est dire son influence sur les présidents français dont il aurait financé les campagnes électorales.

Guerre de succession au sein de la famille

Durant les quatre décennies qu’il a passé au pouvoir, Omar Bongo a généré une fortune considérable. Dix ans après sa mort, la question de sa succession n’est toujours pas réglée tellement l’affaire est complexe. Père de 54 enfants officiellement, la fortune laissé par le « doyen » estimée à plusieurs millions d’euros en plus des biens immobiliers et des parts dans différentes sociétés fait l’objet d’une guerre fratricide. Pascaline Bongo qui gérait la succession en qualité de mandataire unique a été écartée par son frère, l’actuel président Ali Bongo. Lui-même a vu sa filiation au président défunt remise en cause par certains de ses frères.

Deux autres enfants de Omar Bongo issus de son mariage avec la fille du président Congolais Denis Sassou Nguesso regardent de très près le dossier de succession. Dans le même temps, le clan Bongo est toujours dans le collimateur de la justice française qui enquête depuis des années dans l’affaire dite des « biens mal acquis ». Plusieurs perquisitions ont déjà eu lieu dans des propriétés appartenant au clan de l’ancien président.  Une décennie après sa disparition, l’ombre de celui qui a été inhumé le 18 juin 2009 dans sa région natale de Franceville continue de planer sur le Gabon.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

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