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L’urbanisme en Afrique, un enjeu pour le développement

05.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’urbanisation est en plein essor en Afrique, un continent dont les métropoles sont souvent classées parmi les villes au monde où il ne fait pas bon vivre. Facteur majeur de croissance et de développement, l’urbanisation est le grand défi que se sont lancés en ce 21e siècle, plusieurs pays africains qui connaissent une forte croissance démographique. Du Burkina Faso à Madagascar en passant par le Sénégal, la Guinée Equatoriale et la Maroc, la création de villes nouvelles figure désormais dans les programmes de développement économique des gouvernements qui ont pris conscience de l’urgence d’améliorer les conditions de vie de leur population car selon les prévisions de la Banque africaine de développement (BAD), deux tiers des Africains d’ici 2050 vivront dans des villes.

Mauvaise qualité de vie dans les villes africaines

De nombreux rapports dont celui de l’Economist Intelligent Unit (EIU) classent les villes africaines parmi les pires au monde en matière de qualité de vie. Pénurie de centres hospitaliers, violence, attentats, pollutions, insalubrités, réseaux routier en délabrement, embouteillage, logements dégradants…sont autant d’éléments qui ne plaident pas en leur faveur. Dans son classement des 25 villes les plus sales du monde, le magazine Forbes révélait en 2018 que l’Afrique à elle seule comptabilise 15 villes. Parmi ces mauvais élèves, Antanarivo (Madagascar), Brazzaville (Congo), Ndjamena (Tchad), Bangui (RCA) et Bamako (Mali). Le rapport indique que dans plusieurs métropoles africaines, l’insalubrité est le phénomène le plus récurent.

Avec une croissance démographique élevée, les villes africaines sont remplies de caniveaux bouchés par des déchets et de décharges d’ordures qui ne bénéficient d’aucun entretien. Le 22 Aout 2017 l’éboulement d’une décharge dans une banlieue de Conakry la capitale guinéenne coutait la vie à une dizaine de personnes. La même année au mois de Mars, l’Ethiopie connaissait la même tragédie. Un gigantesque éboulement dans la plus grande décharge d’ordures d’Addis Abeba faisait une soixantaine de morts. Ces tristes évènements sont le résultat d’un manque de politique de gestion des ordures qui empêchent les citadins de vivre dans un environnement saint et les expose perpétuellement au danger. Malgré ces mauvais exemples cités plus haut, certaines villes africaines sortent néanmoins du lot.

Kigali un modèle de développement

En Afrique, la capitale rwandaise Kigali a connu des avancées considérables en matière de confort de vie. Avec ses rues propres, ses boutiques de marques, ses parcs parfaitement entretenus, ses Hôtels de luxe elle est citée par l’Organisation des Nations Unies comme un modèle de dynamisme économique dans le monde. En quelques années, la capitale Kigali s’est métamorphosée pour devenir la ville la plus propre du continent africain selon l’ONU Habitat et la  «meilleure capitale africaine» d’après le Courrier International. Kigali doit cette renommée internationale à la politique élaborée par le président Paul Kagamé pour permettre à son pays de se relever après l’affreux épisode du génocide des tutsi.

La capitale rwandaise est dotée aujourd’hui d’infrastructures d’un standing élevé à l’exemple de son nouvel aéroport international qui est munit d’un système numérique performant. La ville s’est débarrassée des sacs en plastique et des ordures grâce à un système de ramassage de déchet qui implique tous les citoyens. Elle a procédé à l’élimination des taudis et bidonvilles. Ses voies routières bien goudronnées permettent une circulation fluide et rapide. Au centre-ville où ont poussé en un temps record des immeubles modernes, est érigée avec fierté la Kigali City Tower qui comporte dix-huit étages. Mais l’ambitieux projet d’urbanisation du président Kagamé ne se limite pas là. Aux périphéries de la capitale est construit une ville nouvelle baptisée innovation city. Cette Sillicon Valley rwandaise est construite pour devenir l’une des villes les plus high Tech du contient africain avec une couverture wifi 4G. Dans de nombreux pays africains où les capitales se retrouvent saturées, la construction de villes nouvelles est de plus en plus envisagée.

Les villes nouvelles, une tendance en Afrique

Le Sénégal tout comme le Rwanda est engagée dans la construction d’une ville nouvelle. Diamnadio, la nouvelle cité située à une trentaine de km de la capitale Dakar a tout pour plaire. Avec plus de 40000 logements, son train express régional, son autoroute, ses universités et hôtels luxueux, elle est bâtie pour être un centre urbain qui devra générer de l’emploi et de la richesse. Le nouvel aéroport Blaise Diagne, cinq fois plus grand que le précédent est tout comme la citée nouvelle Diamnadio, une des œuvres titanesques du plan Sénégal Emergent du président Macky Sall.

Le Maroc qui suit également cette voie a entamé depuis 10 ans la construction de quatre villes nouvelles pour résoudre le problème d’habitats que connait les grandes villes du Royaume. Ces municipalités nouvelles sont Lakhyata qui s’étend au sud-ouest de Casablanca, Tamansourt située à quelque km de Marrakech, Charafate qui se situe non loin de Tanger et Tamesna qui est tout prêt de Rabat.

Le Burkina Faso qui n’est pas en reste envisage de construire dans la savane, une ville nouvelle qui sera située à 15 km de la capitale Ouagadougou. Baptisée Yennenga, elle est prévue pour 80000 habitants et s’étendra sur une superficie de 678 hectares. Opérationnelle en 2030, elle sera dotée de logements sociaux et économiques ainsi que d’infrastructures hôtelières et de nombreux immeubles. Pour les autorités burkinabés elle est la solution idoine pour désengorger la capitale Ouagadougou qui a connu une croissance démographique vertigineuse ces dernières années à cause de l’exode rurale.

La Guinée Equatoriale qui s’est lancée depuis quelque année dans la construction de villes dédiées aux activités administratives et industrielles est également un parfait exemple en matière de développement urbain. Parmi les nouvelles cités faisant la fierté de ce petit pays d’Afrique centrale, Sipopo, la cité balnéaire qui abrite les fameux 52 villas présidentielles de l’Union africaine, le complexe médical la Paz ou encore le Sofitel, Malabo Sipopo Le Golf, l’impressionnant hôtel 5 étoiles. Dibloho inaugurée en 2015, est le pari le plus audacieux du gouvernement équatoguinéen. Ce joyau jouit du statut de Ville province. Considérée comme une cité administrative avec ses bâtiments hauts standing elle a également vocation d’être avec ses deux universités une cité universitaires.

Madagascar dont la capitale occupe souvent les profondeurs des classements des villes les plus insalubres au monde veut s’inspirer de cette dynamique africaine. Son nouveau président Andry Rajoelina pour relever le défi urbain envisage également la construction d’une ville nouvelle non loin d’Antananarivo où seront délocalisés les ambassades, les institutions et les ministères. Les problèmes de surpopulation, d’insécurité, de pollution et d’insalubrité que connaissent de nombreuse villes africaines peuvent être résolus grâce à des plans de développement bien structurés et savamment élaborés ainsi qu’une volonté des pouvoirs publics d’améliorer les conditions de vie des populations

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

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