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Le Sénégal sous le choc après une série de viols et de meurtres

03.06.2019
Le président Macky Sall a annoncé, ce lundi 3 juin, avoir demandé à son ministre de la justice de préparer un projet de loi criminalisant le viol et la pédophilie.

C’est le meurtre de trop. Bineta Camara, 23 ans, est morte étranglée dans la maison familiale de Tambacounda, au Sénégal, par un agresseur qui a d’abord tenté de la violer. Ce décès, le 18 mai, a réveillé des milliers de voix pour dire « Doyna ! » (« Stop » en wolof) et « Dafadoye ! » (« Ça suffit »). Des cris de révolte contre la recrudescence des violences sexuelles dont sont victimes trop de femmes sénégalaises.

« Cette même semaine, alors que le pays se remettait de sa stupeur, on a encore découvert le corps nu d’une femme dans un marché de Dakar. Puis à Thiès, le cadavre d’une fille, Coumba Yade, violée et assassinée… Son meurtrier court toujours », résume Oumy Ndour, journaliste et cofondatrice du Collectif contre les violences faites aux femmes et aux enfants, créé après le meurtre de Bineta Camara. « Depuis toute jeune, j’entends parler de lutte contre les violences faites aux femmes. Ça dure sans changement, ajoute-t-elle. Aujourd’hui, on en a ras le viol ! »

Groggy, le pays s’est réuni le 25 mai sur la place de la Nation, au cœur de la capitale. Des dizaines de visages tuméfiés, lacérés, dégoulinant de faux sang. Les manifestantes se sont grimées pour choquer. D’autres, en contraste, portent le visage souriant et voilé de Bineta Camara sur des tee-shirts. « Le sang coule et on ne peut plus le cacher », lance Aminata Gueye, une balafre sur la joue. Elle, qui a vécu dix ans au Canada, sait que « le problème est international », mais ne peut comprendre pourquoi ici les pouvoirs publics ne réagissent pas ou si peu. « Nous ne nous sentons pas soutenues. Nous avons besoin que nos hommes politiques sortent dans la rue et s’engagent à nos côtés. L’Etat doit réagir à la hauteur des événements », précise-t-elle.

Sur l’estrade, des officiels se succèdent. La parlementaire Awa Gueye, deuxième vice-présidente de l’Assemblée nationale, entend déposer une proposition de loi pour punir plus durement ces viols « récurrents au Sénégal, assure-elle. Avec un appareil législatif plus dur, nous pourrons réellement combattre ces violences et protéger les Sénégalaises. » Un appel soutenu par la maire de Dakar, Soham El Wardini, qui demande à l’Etat « des peines de perpétuité avec travaux forcés ». Parmi ces citoyennes et ces militantes, un mot d’ordre revient sans cesse : la criminalisation du viol, encore considéré comme simple délit au Sénégal, passible de cinq à dix ans de prison.

Lire l’article original ici.

Crédit image/Le monde/Matteo Maillard

 

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