Association for Free Research and International Cooperation

Vomie par la Russie, boudée par les africains, la CPI s’attire les foudres de Washington

28.09.2018
oudée par certains pays africains, désavouée en 2016, par la Russie, la Cour pénale Internationale fait désormais face aux dénis des Etats-Unis notamment de son président Donald Trump qui n'est pas passé par mille chemins pour contester devant la tribune de l'ONU sa légitimité. Un nouveau revers pour cette juridiction crée en 1998 sous l'impulsion de l'ONU et dont l'objectif est de juger les personnes accusées de crime contre l'humanité et de crime de guerre , mais qui se retrouve de plus en plus au centre de nombreuses critiques notamment pour son impartialité et ses pratiques qualifiées de discriminatoires et sélectives.

A LA TRIBUNE DE L’ONU  TRUMP TIRE A BOULET ROUGE SUR LA CPI

Avec la franchise qu’on lui connait, le locataire de la maison Blanche n’a pas fait dans la langue de bois mardi 25 septembre. A la tribune de l’organisation des Nations Unis  à New York, le milliardaire américain a critiqué sans ménagement cette juridiction allant même jusqu’à contester sa légitimité. Bien  plus Donald Trump a tenu des propos selon lesquels Washington n’était plus disposé à fournir un soutien  quelconque à l’instance juridique. Pour le président  américain, il n’est pas question que son pays abandonne sa souveraineté pour ce qui’ il qualifie de  » bureaucratie mondiale non élue et irresponsable ».

Rappelons que la CPI s’est attiré les foudres des Etats-Unis mis septembre, en faisant part de l’ouverture d’une enquête au sujet des crimes de guerre en Afghanistan. Cette  enquête qui implique  la responsabilité de soldats et agents de renseignement américains a fait réagir John Bolton. Le  conseiller à la sécurité nationale américaine a clairement fait savoir que  c’est la souveraineté des Etats-Unis qui est bafouée par cette initiative de la CPI  qui s’expose de ce fait aux sanctions américaines. Washington étant déterminé coûte que vaille  à protéger ses ressortissants.

RUSSIE / CPI : UN DIVORCE CONSOMME

Bien avant les Etats-Unis , la Russie s’est montrée ouvertement opposée au mode de fonctionnement de la Cour Pénale Internationale jusqu’a quitter définitivement en novembre 2016 l’instance juridique qu’elle déclarait alors  incapable d’ être à la hauteur des espoirs placés en elle .Signataire en 2000 du traité de Rome qu’elle n’a jamais ratifié tout comme la Chine et les Etats-Unis , Moscou à claqué la porte de cette juridiction pénale à la suite d’un rapport de la procureur générale Fatou Bensouda qui considérait comme annexion le ralliement de la Crimée à la Russie en 2014.Une prise de position que n’a pas digéré Moscou dont le rattachement  avec la Crimée et Sébastopol  s’est fait sur la base d’un référendum tenu en mars 2014. Et qui s’est soldé par une large volonté des Criméens et des habitants de Sébastopol de s’attacher à Moscou.

D’autres pays veulent suivre l’exemple de la Russie à l’instar des Philippines dont le président Rodrigo Duterre visé par une enquête préliminaire sur sa campagne contre la drogue, a annoncé en Mars dernier sont intention de faire sortir son pays de cette cour.

LA CPI : UNE COUR POUR JUGER LES AFRICAINS

L’Afrique qui a souvent dénoncé l’impartialité de la CPI n’est pas en reste dans cette vague de démission .L’Afrique du Sud, le Kenya, la Gambie …ont ouvertement émis le souhait de couper le cordon avec la Haye. Même au sein de l’Union africaine la CPI n’est plus en odeur de sainteté. L’instance panafricaine qui accuse la cour de mener une chasse aux sorcières contre  les dirigeants africains tout en fermant les yeux sur les atrocités commises sous d’autres cieux , est allé jusqu’a tenir un sommet spécial en octobre 2013  pour évoquer avec ses Etats membres la question d’  un retrait en masse de cette juridiction en signe de contestation  envers les procès de deux  leaders kényans en exercice , le vice-président William Ruto et le chef de l’Etat Uhuru Kenyatta. Le Kenya qui est favorable à ce  retrait a d’ailleurs via son président Uhuru Kenyatta, fait état d’une feuille de route devant conduire au  désengagement total des pays africains  du Statut de Rome à travers  lequel la Cour Pénale Internationale  a été instituée. Le Burundi n’a pas attendu que cette mesure aboutisse. En octobre 2017, ce pays est devenu  la première nation africaine à claquer la porte de la CPI.

Favorable à la CPI dès sa création, l’Afrique a vu ses relations  avec cette cour se détériorer avec le temps. Sur dix enquêtes ouvertes neuf  impliquent  les pays  du continent noir dont  le Kenya, la RCA, le Mali, la RDC, le Soudan, la Cote d’Ivoire, la Libye et l’Ouganda. Le mandat d’arrêt international émis contre le président soudanais Omar El Béchir et les procès en cours de l’ex président ivoirien  Laurent Gbagbo et de l’ancien  leader des « jeunes patriotes » Charles Blé Goudé accusés tous deux de crimes contre l’humanité lors de la crise post électorale de 2010/2011 n’ont fait qu’accentuer le sentiment d’animosité des africains envers cette juridiction  que l’ex président gambien Yayah Jammeh avait  qualifié de “Cour internationale blanche pour la persécution et l’humiliation des personnes de couleur, en particulier des Africains “.
Article de la redaction AFRIC

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