Association for Free Research and International Cooperation

L’impact du boycott de Huawei par l’administration Trump sur l’Afrique

02.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Aujourd’hui plus que jamais, les télécoms ont une place essentielle dans le fonctionnement, des entreprises et le positionnement des États. Les technologies de l’information et de la communication sont en effet utilisées à tous les niveaux, par la grande majorité des professionnels. Cette guerre du positionnement conduit parfois à des situations difficiles ou guerre économique, protectionnisme et embargo technologique s’entremêlent. Dans ce sillage, l’affaire Huawei est un évènement sans précédent dans le monde du high-tech.

En effet, tout est parti du décret du président américain Donald Trump, signé le mercredi 15 mai 2019, interdisant aux entreprises de télécommunication américaines de se fournir auprès de certaines entreprises étrangères dont l’exécutif estime qu’elles représentent un risque pour leur sécurité nationale. Même si ni Huawei, ni d’autres entreprises chinoises ne sont nommément citées par le texte, le contexte de guerre commerciale avec la chine et la fronde des États-Unis envers Huawei ne laissent que peu de place au doute. On assiste à la naissance de ce qu’il convient dorénavant d’appeler « l’Affaire Huawei-Trump ».

Face à tout ceci, il est donc clairement indiqué que ce conflit met les entreprises et les gouvernements du monde entier dans une situation difficile, les obligeant à choisir entre s’aliéner les Etats-Unis ou la Chine. Par conséquent, une telle confrontation entre ses deux mastodontes du secteur des télécommunications aura nécessairement des effets collatéraux qu’il sera difficile de maîtriser tant pour eux même que pour certains acteurs passifs du conflit comme l’Afrique.

 

Les avantages envisageables pour l’Afrique de la fronde entre Huawei et l’administration Trump 

La tirade entre Huawei et l’administration Trump peut avoir beaucoup de répercussions positives pour l’accélération du développement du continent dans le secteur des télécommunications. Ces avantages résulteraient probablement de la coopération d’antan d’avec la firme de l’empire du Milieu, présente dans plus de 40 pays  du continent et qui a lui seul a construit plus de 50% du réseau 4G en Afrique.

  • Le renforcement de la coopération Huawei-Afrique via l’UA

Le protocole d’accord signé le 31 mai 2019  entre Huawei et l’UA portant sur le renforcement de leurs capacités techniques dans le domaine des TIC n’est pas nécessairement tributaire de la fronde que l’on observe actuellement même si, l’on pourrait s’interroger sur le timing, ceci n’étant que la continuité du protocole d’accord de février 2015. Mais, à l’heure ou le conflit entre Huawei et l’administration Trump s’intensifie, il était désormais évident que saisir une telle opportunité permettrait de mieux resserrer les liens avec la firme chinoise, puisque : « aucun fournisseur n’est capable de construire une infrastructure de télécommunication au prix et au rythme d’Huawei », affirmait dans un article paru dans le magazine Quartz, W. Gyude Moore, membre invité du centre de développement mondial.

Outre la signature de ce protocole, il faut également observer qu’un autre facteur non négligeable serait de pouvoir faire pression sur ses partenaires afin de développer une technologie strictement propre au continent et adaptée au marché africain.

  • Un meilleur bénéfice du système soft power d’Huawei

Dans le but d’améliorer son image dans le monde, et ainsi évacuer les pressions qu’elle subit, la marque a fait du soft power une tactique de choix. La firme a investi par exemple dans un système appelé « seeds for the future » via lequel elle envoie des étudiants de plus de 100 pays en stage en chine pur apprendre le mandarin et acquérir certaines compétences techniques directement dans ses usines. Ainsi, à la suite du boycott lancé par les États-Unis et suivi par les États européens comme la France ou encore le Royaume-Uni qui semblent lui emboiter le pas, les pays africains pourraient par exemple tirer profit de cette situation en suggérant une amélioration de leur représentativité au niveau des quotas de répartition des stagiaires.

Le revers de la fronde existante entre Huawei et l’administration Trump sur les économies Africaines

  • L’extension des effets de l’embargo sur les pays africain

Mike Pompeo, secrétaire d’État Américain en visite en Allemagne le 31 mai 2019 dernier a réitéré la position des États-Unis qui seraient prêts à renoncer à partager des informations confidentielles avec leurs alliés qui coopéreraient avec des partenaires jugés peu sûrs, comme le groupe public chinois Huawei. Les États-Unis envisageraient même de fournir une aide financière aux pays qui choisiraient de développer leurs réseaux sans avoir recours aux chinois. La situation qui pourrait donc clairement transparaitre ici serait que les menaces à peine voilées de l’administration Trump n’influent sur certains pays africains. Le parallèle peut être observé quand on se souvient que lors des votes pour l’admission de la coupe du monde de football 2026, un seul tweet du président américain sur le sujet avait suffi à faire voter plusieurs pays Africains contre le Maroc, jetant ainsi l’opprobre sur une probable unité des pays Africains.

  • L’affectation des économies Africaines caractérisée par la chute des cours du pétrole

Sur le fond des matières premières, la séance est aussi mouvementée. Elle concerne encore plus les économies pétrolières d’Afrique qui se limitent pour certaines à ce seul secteur, celui-ci étant leur source principale, voire quasi unique, des recettes fiscales comme d’exportation. Elle participe donc à fragiliser ces économies. On peut par exemple voir qu’au Congo, en Angola au Gabon et au Nigéria le boycott de la firme chinoise par l’administration Trump aura un grand impact sur l’économie puisque le pétrole représente pour chacun de ceux-ci plus de 40% de leur PIB.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

 

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