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Présidentielle 2018 Cameroiun : une nouvelle classe politique est née

27.09.2018
L’une des particularités de la présidentielle au Cameroun est l’émergence d’une nouvelle classe politique. Avec le retrait des anciens cacique de l’opposition dont le plus emblématique n’est autre que Ni John Fru Ndi le fondateur du Social Democratic Front (SDF) , la classe politique camerounaise a connu ces derniers temps la montée d’une nouvelle génération d’hommes politique .

Les neuf candidats triés au volet par l’organe électoral camerounais ELECAM, sur les 28 ayant déposé leurs candidatures illustrent parfaitement la particularité de cette classe politique camerounaise rajeunie .
Si les septuagénaires Garga Haman Adji, et Adamou Ndam Njoya, sont à nouveau dans la course , les six autres concurrents du président Biya prétendent pour la première fois à la plus haute fonction de l’Etat . Ils sont entre autre Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Le professeur de droit et ancien ministre délégué à la Justice(2004-2011) de 49 ans est célèbre pour avoir joué un rôle majeur dans le règlement pacifique du conflit frontalier entre le Nigeria et le Cameroun au sujet de la péninsule de Bakassi. A ses coté le candidat du Front populaire pour le développement (FPD). Akere Muna le brillant avocat anglophone âgé de 65 ans qui a fait carrière dans l’économie, la gouvernance, mais aussi dans l’État de droit notamment à Transparency International compte faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Le Social Democratic Front (SDF) , le parti fondé par Ni John Fru Ndi longtemps considéré comme le chef de file de l’opposition s’engage dans ce scrutin avec comme leader le charismatique Joshua Osih. Du haut de ses de 49 ans , cet entrepreneur qui n’a cessé de gravir les échelons au sein du SDF fait partie des plus jeunes candidats au même titre que Serge Espoir Matomba son cadet de 10 ans qui concoure sous la bannière du Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs) . Cabral Libii ( 38 ans) du parti Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (Univers) est de cette mouvance . Sans aucun doute le benjamin de cette présidentielle, il jouit d’une forte popularité sur les réseaux sociaux . Ce juriste de formation s’est d’ailleurs démarqué en menant une campagne baptisée « 11 millions d’inscrits » et dont l’objectif n’était autre que d’encourager ses compatriotes à s’inscrire sur les listes électorales pour la présidentielle de cette année .Dans ce groupe d’opposants , le Pasteur pentecôtiste, Franklin Afanwi Ndifor sort du lot. Investi sous la bannière du Mouvement citoyen national du Cameroun (Mcnc), le « prophète » de 38 ans se dit investi d’une mission divine pour conduire le Cameroun son pays vers

un changement radical . S’il fustige entre autre la corruption grandissante au Cameroun , il pointe du doigt les politiciens comme responsables des maux qui minent le pays .
malgré le dynamisme de cette nouvelle classe politique, ambitieuse et combative le président sortant dont la formation politique le RDPC, domine depuis longtemps la scène politique part en pole position de ce scrutin , notamment à cause de la désunion de ses challengers qui ont décidé d’aller à cette élection en rang dispersé et du mode de scrutin en vigueur qui jusqu’ici n’est basé que sur un vote à un tour.


LA PAIX ET LE REDRESSEMENT DE L’ECONOMIE : MOTS D’ORDRE DE LA CAMPAGNE

La situation économique et sécuritaire du Cameroun sont les deux sujets sur lesquels reposent les multiples promesses de campagne des différents candidats . Si le président sortant Paul Biya qui jouit depuis des lustres d’une réputation d’« homme de paix » , est présenté par ses partisans comme l’homme de la situation , le seul candidat à mesure de préserver la paix dans le pays , la situation sécuritaire dans les régions anglophones en crise et le septentrion en proie aux affres de Boko Haram sont du pain béni pour ses nombreux adversaires qui y voient une opportunité en or pour l’attaquer dans un domaine ou il s’est auparavant forgé une réputation internationale.
Outre le volet sécuritaire , le contexte économique du Cameroun est également un volet sur lequel tous les candidats de l’opposition ont décidé de battre campagne. Et pour cause l’économie du pays depuis 2016 est au ralenti. Frappé par un inflation ayant atteint 1,6 % fin juin 2016, le Cameroun fait également face à des fléaux tels que le chômage et la corruption dues à des problèmes de gouvernance . Bien plus , le budget de l’État est touché par les colossale dépenses sur le plan sécuritaire liées à la guerre contre Boko Haram sans oublier la baisse des revenus pétroliers qui ont inéluctablement conduit à une dégradation des finances publiques.
Au soir du 07 octobre , les camerounais se rendront aux urnes pour pour s’acquitter de leur devoir civique. Le pays qui connaît la paix depuis des années , malgré la grande diversité de sa population, retient son souffle à l’approche de cette échéance cruciale déterminante pour son avenir politique .La dernière présidentielle pour rappel s’est tenue le 9 octobre 2011. Elle s’était soldée par une écrasante victoire du président sortant Paul Biya accrédité de 77,99 % des suffrages . Des résultats qui lui ont valu d’être réélu pour un nouveau mandat de 07 ans à la tête du pays. L’histoire se répétera t’elle ? Ca, seul l’avenir nous le dira !

Article de  la rédaction AFRIC

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