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Cameroun: La francophonie propose son aide pour résoudre la crise anglophone

30.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’organisation Internationale de la Francophonie propose son aide au Cameroun pour trouver une solution à la crise socio politique qui secoue depuis deux ans déjà les deux régions anglophones du pays. En visite au Cameroun la rwandaise Louise Mushikiwabo qui assure depuis octobre 2018 le poste de secrétaire général de cette organisation de pays ayant en commun la langue de Molière, a été reçu au palais de l’Unité de Yaoundé par le président Paul Biya en personne.

Au sortir de son entretien avec le chef de l’Etat camerounais, elle assure avoir évoqué avec lui, la situation sécuritaire du pays, notamment la lutte menée au septentrion par l’armée contre le groupe djihadiste nigérian Boko Haram et le conflit née dans les régions anglophones et qui a abouti à une insurrection menée par un groupe armé qui prône la sécession.

Alors que de nombreux partenaires du Cameroun dont les Etats-Unis semblent de plus en plus préoccupés par la situation humanitaire qui prévaut dans les régions en crise et le nombre de mort qui ne cesse d’augmenter, l’OIF s’invite également à la table des discussions. L’organisation qui se donne pour priorités  de promouvoir la langue française dans le monde ainsi que la paix, la diversité culturelle et linguistique veut jouer de sa partition dans ce litige qui loin d’être un problème uniquement lié à la langue malgré le nom qu’il porte ( crise anglophone) est avant tout un problème socio politique née des revendications d’une partie de la population camerounaise qui se dit marginalisée et dont les revendications ont fait l’objet de récupération par un groupe séparatiste. La présence à Yaoundé de Louise Mushikiwabo interroge sur le rôle véritable que compte jouer la Francophonie qui se dit favorable à une solution négociée dans le respect des institutions républicaines.

Le Cameroun, un pays important selon l’OIF

Le Cameroun selon la secrétaire générale de la Francophonie est un pays important pour l’organisation. L’ex ministre des affaires étrangères du Rwanda assure avoir effectué le déplacement pour Yaoundé afin de prendre contact avec le président Paul Biya et lui donner les nouvelles orientations de l’organisation. Le Cameroun qu’elle considère comme un pays socle pour la sous-région Afrique centrale, a selon elle besoin de paix et de stabilité d’où le souci de l’organisation dont elle est à la tête de s’impliquer dans le diffèrent qui oppose le gouvernement aux indépendantistes anglophones en l’accompagnant dans sa recherche de solution. Cette trop grande compassion à en croire certains analystes de la scène politique camerounaise cacherait en effet d’autres intentions. A travers la Francophonie, la France qui est longtemps restée en retrait depuis le déclenchement de la crise anglophone sort par-là de son mutisme sentant le danger venir du côté de Washington qui se présente de plus en plus comme le tombeur et le faiseur de Rois en Afrique.

Washington accusé de vouloir la chute du régime de Yaoundé

Le Cameroun serait sur la ligne de mire des Etats-Unis qui accusent le régime de Yaoundé de fermer la voix à toute négociation avec les séparatistes anglophones et d’être en occurrence responsable de la situation humanitaire dégradante dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest et qui a contraint la population à l’exode vers le Nigeria voisin. Au lendemain de la chute d’Omar El Béchir au Soudan, Tibor Nagy le chargé aux affaires africaines de la maison Blanche avait affirmé se tourner désormais vers le Cameroun. Des propos analysés comme faisant allusion à un éventuel agenda caché des Etats-Unis accusé par la même occasion d’être à l’origine du départ d’Omar El Béchir. Ceux qui soutiennent cette thèse avancent que les Etats Unis veulent par tous les moyens en finir avec le régime en place au Cameroun d’où les nombreuses sorties médiatiques du sous-secrétaire américain chargé des affaires africaines à l’encontre des autorités camerounaises. Après le voyage de ce dernier au Cameroun au cours duquel il avait évoqué la situation des prisonniers politiques dont celle du président du MRC Maurice Kamto, et la crise anglophone, les Etats Unis dans leur désir d’interventionnisme ont incité le conseil de sécurité de l’ONU à organiser le 13 mai 2019 une réunion sur la situation humanitaire au Cameroun.

Yaoundé subit depuis quelque temps une véritable pression internationale au sujet du conflit qui l’oppose aux mouvements séparatistes anglophones connus sous le nom d’ambazonia. Bien avant la Francophonie d’autres organisations à l’instar de l’Union européenne et du Commonwealth ont émis des injonctions sur la situation sociopolitique qui prévaut au Cameroun. Les Etats- Unis qui ne partagent aucun passé coloniale avec le Cameroun se montrent de plus en plus préoccupés par l’avenir politique de ce pays d’Afrique centrale allant jusqu’à demander au président Paul Biya de penser à son héritage politique . Paris qui part ses réseaux bien entretenus de la Francafrique a toujours eu son mot à dire dans les affaires politiques de ses anciennes colonies d’Afrique est en passe de se faire doubler par les Etats-Unis sur le dossier « Cameroun ». Présenter à l’exécutif camerounais, la main tendue de l’Elysée, tel serait le rôle officieux de la Francophonie face à l’ingérence politique de Washington.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

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