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Les législatives pourront-elles se tenir enfin cette année au Tchad ?

29.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
Annoncées puis reportées plusieurs fois, les élections législatives au Tchad ne pourront se tenir que vers la fin de cette année au plus tôt

Prévue pour le mois de mai 2019, les élections législatives et locales n’ont toujours pas été organisées. Une chose est sûre, ce délai ne sera pas respecté. L’interminable débat autour de ces élections a été relancé cette semaine avec la sortie médiatique du président de la Commission électorale nationale indépendante Kodi Mahamat. En effet, au cours d’une conférence de presse lundi dernier, le patron de la Ceni a assuré que ces élections se tiendront cette année sans toutefois donner de date. Une manière de rassurer sur le scepticisme grandissant au sein de la classe politique et de la population. Cité par Radio France Internationale, le président de la Ceni a assuré que l’organe qu’il dirige travaille ardemment. « Nous avons composé notre bureau, un budget de fonctionnement a été élaboré, un état des lieux exhaustif a été réalisé. La prochaine activité majeure est la mise en place du démembrement de la Céni sur l’ensemble du territoire national et dans les missions diplomatiques et consulaires du Tchad à l’étranger » a-t-il déclaré.

Toujours selon Kodi Mahamat, la grande ambition de la Ceni est de réussir à organiser des élections dans les meilleurs délais. L’opposition tchadienne semble elle plus que sceptique face à l’optimisme affichée de la Ceni. Interrogé par l’hebdomadaire tchadien Le Pays, le président l’Union des démocrates pour le développement et le progrès (Udp) Max Kemkoye s’est montré très critique vis-à-vis de la commission électorale. Pour cet opposant, il est impossible d’organiser des élections en l’état actuel des choses. « Juridiquement, il faut qu’il y ait le code électoral, qui est jusqu’ici inexistant. Semble-t-il que son examen est programmé à l’Assemblée nationale pour le mois de juin. Financièrement, le Tchad fait face à des difficultés sévères. Ainsi, avec une surface financière réduite à sa portion congrue qui contraste avec des charges liées aux va-et-vient intempestifs et sans effets à l’étranger de Déby, à l’amortissement des dettes, est-ce le gouvernement pourrait financer les prévisions budgétaires de 33 milliards ? Politiquement, l’environnement est plus que délétère avec une lèpre qui monte contre les opposants, où l’arène politique est devenue un ring ouvert sur lequel, on menace publiquement les opposants d’arrestation et de judiciarisation » a déclaré le président de l’Udp d’après les propos rapportés par le journal Le pays.

Des élections sans cesse repoussées

Le président Deby Itno en personne recevant les membres de la Ceni et du Cadre national de dialogue politique mercredi a estimé que « la tenue des élections est une urgence ».  Pour le président tchadien, « l’urgence de la tenue des élections s’impose à nous tous pour éviter que la vitalité de notre démocratie ne soit affectée négativement. »  Sa déclaration rejoint celle du patron de la Ceni qui avait déjà invité les parties prenantes à ces élections à jouer leur rôle pour l’effectivité du scrutin.

Le mandat actuel des députés tchadiens s’est achevé depuis 2015, depuis lors, de nouvelles élections n’ont pas pu se tenir en raison des problèmes financiers, selon les autorités tchadiennes.  Au mois d’avril 2018, le président tchadien avait déjà annoncé la tenue des élections au mois de novembre 2018 qui n’ont pas pu se tenir là encore. Le Cadre National de Dialogue Politique (CNDP), un organe composé de la majorité et de l’opposition avait justifié ce nouveau report par des retards pris au niveau de l’organisation. La tenue de ces législatives selon les prévisions doit coûter près de 70 milliards de Fcfa à l’État tchadien. C’est certainement pour faire face à ces dépenses que le gouvernement tchadien avait lancé un appel à ses partenaires financiers. L’aide financière de la France avait été promise par Emmanuel Macron lors de sa visite au Tchad au mois de décembre.

Au cours de ses vœux à la nation fin décembre, Idriss Deby Itno avait annoncé la tenue des élections législatives et municipales avant la fin du premier semestre de cette année. L’opposition tchadienne avait vivement critiqué cette annonce du chef de l’Etat. « Il n’appartient pas au président de la République du Tchad de fixer les dates des élections. C’est la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui pourra dire la date des élections, conformément au code électoral » réagissait ainsi l’opposant Saleh Kebzabo. Les députés ne semblent pas s’émouvoir de la situation actuelle. Pire, les incessants reports les arrangent plutôt car depuis près de quatre ans ils continuent toujours de percevoir leurs indemnités en profitant de la prolongation de leur mandat.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images

 

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