Association for Free Research and International Cooperation

Découverte : le Sikkim, premier Etat 100% bio au monde

28.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
Au fin fond de l’Inde se trouve le Sikkim, un Etat de l’Himalaya, pionnier en matière d’écologie. Ici, l’utilisation d’engrais chimiques est devenue un crime passible d’une peine de prison. Voyageons à travers les lignes, à la découverte de la terre sainte de notre ère, le 1er Etat 100% bio en Inde et dans le monde.

Le Sikkim est un Etat du Nord-Est de l’Inde dans les chaines de l’Himalaya. Ancien royaume rattaché à l’Inde depuis 1975, le Sikkim avec pour capitale le Gangtok, et pour langue officielle l’Anglais, est un Etat le moins peuplé du pays et le deuxième plus petit Etat de l’Inde après le Goa, un Etat de la côte Sud-Ouest du pays.

Il est bordé par le Népal à l’ouest, la région autonome du Tibet en Chine au nord et à l’est, le Bhoutan au sud-est et l’Etat du Bengale-Occidental au sud. Hormis l’anglais les 610 577 habitants parlent des langues traditionnelles comme les dialectes du tibétain, le Vbras-Ljongs-Skad, le lepcha et le limbou. Il est le seul Etat indien dont la majorité de la population est d’origine népalaise.

Le Sikkim doit son nom à la combinaison de deux mots « limbu :su » qui signifie « nouveau » et « Khyim » qui signifie « palais » ou « maison » en référence au palais construit par le premier monarque de l’Etat, Phuntsog Namgyal. Le nom tibétain du Sikkim est Denjong, ce qui signifie la « Vallée du riz ».

Particularité du Sikkim

Le Sikkim est particulièrement connu pour ces vallées verdoyantes visibles au loin. En 2003, sous la gouvernance de Pawan Kumar Chamling, ministre en chef du Sikkim, cet Etat du nord-est de l’Inde décide de bannir progressivement la totalité des pesticides et des engrais chimiques pour se diriger vers une culture biologique. Le Sikkim s’est déclaré complètement bio en 2013, devenant le premier Etat 100% bio.

Comme toujours, les débuts ont été difficiles à surmonter. On rapporte qu’une partie des 66 000 fermiers connait une baisse considérable des récoltes et les prix des denrées augmentent. Il a fallu plusieurs années pour cet Etat avant de reprendre le contrôle. Pendant de nombreuses années, le gouvernement a organisé des formations

afin de montrer aux cultivateurs l’utilisation des pesticides naturels et du compost, l’engrais formé par le mélange fermenté de débris organiques avec des matières minérales.

Le gouvernement s’est chargé également de distribuer des graines bio de meilleure qualité et s’est engagé dans la construction des infrastructures pour favoriser la vente directe. Mais assez vite grâce à l’appui du gouvernement régional, les rendements se sont améliorés. Ils ont progressivement rattrapé les rendements des Etats voisins, avant de les dépasser dans une certaine mesure. En 2018, Cette solidarité a fini par payer « ma production de riz dépasse de 5% le niveau antérieur. Les légumes sont plus gros » témoignage Karma Dichen, un paysan agriculteur.

Depuis 2016, l’utilisation des produits chimiques dans cette région est devenue un crime pouvant être passible d’une peine de prison.

Economie

L’économie du Sikkim est essentiellement basée sur l’agriculture. Les britanniques y ont introduit la culture du riz en terrasses. On y trouve également des cultures de maïs, millet, blé orge, oranges, et du thé. Dès 1997, anticipant un mouvement devenu universel le gouvernement de l’Etat lance une campagne de mesures visant à créer une économie verte. Les domaines prioritaires définis dans sa politique sont l’agriculture organique, les énergies renouvelables parmi tant d’autres. Inauguré en 2006, la campagne « planter un arbre » oblige chaque habitant à faire pousser une jeune plante tous les ans afin de lutter contre la déforestation. La forêt du Sikkim couvre près de 50%de l’Etat.

Les champs de culture de riz et de légumes qui s’étendent sur 750km2 sont certifiés biologiques. Ce qui fait du Sikkim un remarquable exemple de comment réussir à transformer le système alimentaire en assurant à la fois le respect des populations et de la planète. Chose intéressante, cette conversion a permis d’augmenter la fertilité des sols, de préserver la qualité de l’eau et de renforcer la biodiversité.

Annexes

Combiner la volonté politique, le dévouement collectif et le travail d’ensemble peut donner des résultats satisfaisants. Le gouvernement du Sikkim avec sa population flexible vise maintenant la lutte contre le plastique à usage unique. L’objectif à atteindre par cet Etat indien c’est de faciliter le traitement des déchets et réduire la pollution. Pour le Sikkim qui est également premier à bannir l’usage du sac en plastique jetable, travailler ensemble avec la population va permettre de faire disparaitre totalement le plastique sur le marché.

La grande majorité des magasins se sont tournés vers des sacs en papier ou du papier journal pour emballer les aliments. Et depuis 2016, la commercialisation et l’utilisation des assiettes, des couverts et des verres jetables à base de polystyrène est interdite. En bon exemple, Les instances gouvernementales n’utilisent plus les bouteilles d’eau en plastiques tout comme plusieurs villages.

Les ONG, les citoyens de cet Etat et le gouvernement ont tous participé dans cette pétition. C’est pourquoi l’utilisation du plastique a été un succès à 80% ; comme quoi, qui veut, peut. L’environnement préservé du Sikkim attire davantage de touristes et plus de 50% de visiteurs. Un défi que tout Etat se devrait de relever pour protéger l’écosystème.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/ google images

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