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Afrique : L’Algérie débarrassée du paludisme

27.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’Algérie s’est officiellement débarrassée du paludisme selon une annonce faite jeudi par l’organisation Mondiale de la Santé (OMS). Aucun cas de paludisme n’a été signalé depuis trois ans. L’Algérie devient alors le troisième pays africain à s’être débarrassé de la malaria après l’Île Maurice en 1973 et le Maroc en 2010.

Le paludisme est en effet la maladie la plus meurtrière du monde avec en 2017, 219 millions de personnes touchées pour 400,000 décès selon l’OMS. Un chiffre extrêmement pesant dont l’OMS s’était donné le défi de réduire. Les autorités algériennes et l’OMS ont démontré au reste du monde qu’il est possible de vaincre le paludisme moyennant le leadership des pays.

Pour arriver à ce résultat, des mesures audacieuses ont été prises, des investissements judicieux mis en place et des solides données scientifiques. D’après le Dr Magara Bagayoko, directeur des maladies transmissibles au bureau régional Afrique de l’OMS, pour se débarrasser du paludisme, l’Algérie avait mis en place une politique de gratuité et de disponibilité du traitement pour tous. Une politique qui a fini par porter des fruits. « Les autres pays africains peuvent tirer des enseignements de cette expérience » a déclaré la directrice de l’OMS Afrique.

Historique du paludisme

C’est en Algérie que le parasite du paludisme a été découvert il y’a presque un siècle et demi soit le 06 novembre 1880 à l’hôpital militaire de Constantine par un médecin de l’armée française, Alphonse Laveran. C’est en 1897 que le médecin anglais Ronald Ross prouve que les moustiques anophèles sont les vecteurs de la malaria, jusque-là, le mauvais air des marécages était tenu responsable de la propagation de la maladie. Depuis 1955, l’organisation mondiale de la santé a certifié 38 pays dans le monde exempts de la malaria dont l’argentine.

Les cas de paludisme ont baissé peu à peu en Algérie. « En 2015,59 personnes ont été hospitalisés à l’hôpital El Kettar d’Alger. On a eu affaire à des cas de paludisme importés puisque tous ces malades ont séjourné en Afrique Subsaharienne » déclarait le Dr Nadia Kitous, du CHU de Tizi Ouzou.

Six pays africains pourraient éradiquer le paludisme d’ici 2020

En 2016 à l’occasion de la journée mondiale de la lutte contre le paludisme, l’OMS publiait un rapport stipulant que six pays les plus durement touchés par le paludisme pourrait éradiquer la maladie d’ici l’an 2020. L’Algérie fut citée en tête de liste aux côtés du Cap Vert, du Swaziland, du Botswana, de l’Afrique du Sud et les Comores.

Selon un programme de l’OMS ces pays ont tous mis en route des plans de lutte contre la maladie qui a fait plus de 400 000 morts en 2015.90% de ces décès ont été enregistrés en Afrique dont 75% sont des enfants, avec 53% des cas d’enfants âgés de moins de 5ans. Néanmoins, il y’a une chute considérable du taux de mortalité à travers le monde depuis quelques années.

Eradiquer totalement le paludisme en Afrique Subsaharienne est un problème épineux vu la complexité de la maladie sur le continent. Dans la sous-région, certains facteurs font échouer les progrès de la médecine. Ces facteurs de lutte échouent dans certains pays comme le Congo Brazzaville et la RDC. Les moustiques résistent aux insecticides utilisés pour l’imprégnation des moustiquaires et continent de faire des retombés malgré la volonté des mères à protéger leurs enfants. Un facteur très bloquant dans la lutte. Certains pays continuent encore de commercialiser le traitement du paludisme quoique l’OMS l’ait rendu gratis. Les personnes démunies qui ne peuvent pas s’assurer un traitement s’automédicalisent en fonction de leurs avoirs. Un phénomène qui touche presque toute la zone de l’Afrique centrale.

Vaccin contre la malaria

Depuis 2015, l’agence européenne du médicament a annoncé avoir adopté un avis scientifique sur le vaccin antipaludique conçu pour protéger contre le paludisme. Sa commercialisation envisagée pour 2017 n’a toujours pas démarré. L’OMS vise à vacciner 120 enfants âgés de deux ans ou moins d’ici 2020 dans trois pays cibles dont le Malawi, le Ghana et le Kenya. Ces pays ont été choisi vu leur dévouement à éradiquer la maladie grâce à la vulgarisation des moustiquaires imprégnées et la désinsectisation des lieux.

En avril de cette année, le premier vaccin capable de protéger les enfants contre la malaria a été lancé au Malawi. Le ‘‘Mosquirix’’ ou ‘‘RTS,S’’ est le fruit des recherches pendant plusieurs années par le pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline. Il est conçu pour vaincre l’agent vecteur du paludisme.

Quelques jours après le Malawi, le Ghana a lancé à Cape Coast une campagne de vaccination « Malaria Vaccine for additional protection » pour lutter contre la maladie chez les enfants de moins de 5ans, couche la plus touchée par la maladie. Les premiers vaccins test ont été administrés aux nourrissons par les services de santé du Ghana et l’Organisation Mondiale de la Santé. « J’espère que cela nous aidera à éliminer le paludisme afin que le Ghana puisse être un pays exempt du paludisme » a déclaré le chef de la polyclinique Ewin, le Dr Justice Arthur.

Des chiens renifleurs

Des approches pour éliminer le paludisme sont considérables dans le monde. Des scientifiques britanniques et gambiens attestent que les chiens peuvent détecter la maladie. Ils sont par ailleurs entrainés à reconnaitre les arômes révélateurs en humant les habits provenant des personnes préalablement infectées par la maladie.

Tous, l’OMS et les services de santé des pays infectés par le paludisme espèrent sur les chiens pour stopper la propagation de la maladie sur le continent. Quoique la recherche soit encore à sa genèse, les experts en santé attestent que les résultats positifs pourraient mener à de nouvelles méthodes de dépistage de la malaria.

Depuis plus de 15ans, le paludisme est en nette régression dans le monde. Plusieurs pays du continent se sont lancés dans une lutte acharnée contre la maladie qui, au vu de la courbe, pourrait être éradiquée sur tout le continent d’ici les prochaines années.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

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