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Pourquoi le Sénat tarde à se mettre en place ?

19.09.2018
La Constitution du 30 mars 2016 prévoit la création d’un Sénat comme deuxième chambre de l’Assemblée nationale, dont la principale mission est de censurer toutes les lois votées par la première chambre des élus de la nation. Mais aujourd’hui, les prétendants candidats à l’élection sénatoriale sont dans l’impasse et se demandent jusques à quand la mise en place du Sénat par le gouvernement ?

Comme disait le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, « La démocratie a un coût, il faut payer le prix » (sic).  Cela signifie que la démocratie nécessite une dépense colossale afin de favoriser son enracinement et implantation dans un pays.

La démocratie est définie, selon David Nilcon, comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Cette notion nécessite l’application de toutes lois fondamentales en vigueur dans un pays. Un bon démocrate est celui qui respecte et applique toutes les règles de la démocratie. Par contre, en RCA, tous les présidents de la République ne veulent pas respecter et appliquer la Constitution centrafricaine dans sa totalité.

C’est souvent cette vieille pratique qui crée des conflits dans la société centrafricaine, c’est aussi l’exemple du président Faustin Archange Touadéra qui avait prêté serment sur la Bible et la Constitution devant la nation toute entière, et promis qu’il respectera toutes les lois centrafricaines en vigueur.

Si la Constitution centrafricaine prévoit la mise en place de toutes les institutions républicaines dans une période d’un an, jusqu’alors, le président de la République et son gouvernement n’ont pas encore mis en place la deuxième chambre de l’Assemblée nationale, ce qui nous amène à déduire que c’est une violation de la loi fondamentale du pays.

Selon certains observateurs, le président Faustin Archange Touadéra n’a aucune volonté d’organiser les élections sénatoriales, car le chef de l’Etat a évoqué deux raisons qui bloqueraient le processus de la mise en place du Sénat.

La première raison est le manque de moyens financiers pour organiser les élections des Maires et Sénateurs, et la deuxième raison évoquée par le président est le problème d’insécurité notamment dans l’arrière-pays.

Malgré toutes les propositions faites par le président, certains observateurs ont balayé d’un revers de la main les allégations selon lesquelles le président de la République n’a pas de ressources financières. C’est pour cela qu’il freinerait le processus de la mise en place du Sénat.

Certains partis politiques du pays souhaiteraient que cette deuxième chambre soit dissoute, car nous sommes en période de crise où l’urgence est la sécurité. En outre, l’Etat n’a pas les moyens financiers pour payer les Sénateurs.

Il appartient donc au gouvernement, au Parlement et à la Cour Constitutionnelle de se prononcer sur la question de dissolution ou du maintien du Sénat comme la deuxième chambre. Mais la loi reste la loi, par conséquent, le pouvoir Exécutif est tenu d’appliquer la Constitution du pays.

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