Association for Free Research and International Cooperation

Les deux capitales les plus proches du monde bientôt reliées par un pont

21.05.2019
Article from AFRIC Editorial
Les travaux du pont comportant à la fois, une voix de route et un rail reliant les villes sœurs de Brazzaville en République du Congo et de Kinshasa en République Démocratique du Congo débuterons en août 2020, a annoncé le président de la Banque Africaine de Développement, le Docteur Akinwumi Adesina, lors d’un entretien avec le président Denis Sassou Nguesso à Oyo, au Nord du pays.

Laissant  entendre que l’exécution de ce projet d’intégration de la sous-région d’un coût total de 550 millions de dollars américains, et sera financée à plus de 38% par la BAD, soit un montant de 210 millions de dollars. L’autre part sera cofinancée par Africa50, une plateforme qui regroupe les pays africains et financent les infrastructures de développement. Ce projet qui rentre dans le cadre du développement économique de la sous-région fait des vagues sur les deux rives. Explications.

Après la construction et l’inauguration du pont « Sénégambie » intervenue en janvier dernier, le tour revient aux villes les plus proches du monde, ceci dit Brazzaville et Kinshasa séparée par quatre kilomètres l’une de l’autre. Ce projet de construction est en réalité un vieux dossier sorti des archives datant de 1990. Les congolais discutaient autour de la construction d’un pont depuis l’époque de Mobutu Sese Seko Wazabanga, alors République du Zaïre. Cette annonce officielle qui attend sa concrétisation fait des tonnerres dans les deux villes. Si d’aucuns acclament l’initiative de la BAD à relier les deux pays « jumeaux », d’autres présument que ce projet est une erreur et un pire cauchemar pour les citoyens congolais du point de vue priorité en matière de sécurité pour les brazzavillois et d’infrastructures nécessaires pour le quotidien des kinois.

Quoique ce projet soit cofinancé par la BAD et Africa50, il nécessitera également l’apport en capitaux des deux Etats. Or, du point de vue de la crise financière et politique qui s’abat sur les deux pays, ce projet dont les travaux vont démarrer dans quinze (15) mois risque de rentrer dans le calendrier des priorités des deux Etats ; qui vont devoir injecter de l’argent dans ce projet au détriment d’autres programmes latents qui nécessitent des finances, comme la stabilisation de l’économie, la régularisation des structures sanitaires notamment le CHU de Brazzaville, la construction des routes, des autoroutes, des usines de transformation afin de générer de l’emploi,(…),l’amélioration de la circulation dans les deux pays pour favoriser en premier lieu l’intégration nationale et la rentabilité du marché intérieur.

Les enjeux économiques

La construction du pont Brazzaville-Kinshasa présente des enjeux sociaux et économiques comme un flux important des échanges qui devront bénéficier aux deux Etats. Comme l’avait révélé un rapport de la Banque mondiale en 2010, « la construction d’un pont reliant Brazzaville à Kinshasa aiderait à accroitre le trafic passant par Pointe-Noire et à améliorer la viabilité globale de cette voie ». Ceci dit, la construction du pont va renforcer les échanges économiques entre les deux pays notamment la libre circulation des biens et marchandises en direction de la RDC à partir du port autonome de Pointe-Noire au sud du pays.

La passerelle qui devra mesurer 1.575 mètres, comportera un péage, une voie ferrée, une route et un trottoir pour piétons. Un tout- en- un qui va être fructifié et les recettes devront rentrer dans la caisse commune des deux Etats et servira pour l’entretien et la maintenance de la voie. Avec La RDC comme pays de transit, ce pont va favoriser les échanges entre Brazzaville et les pays de l’Est. Le transport des marchandises comme les ustensiles plastiques, les marmites, les nattes et autres produits de la RDC qui se font actuellement par Canots ou par bateau vont désormais se faire transporter par train ou par camion pour limiter les attentes.

Les enjeux sociaux

Comme toute implémentation, le pont Brazzaville-Kinshasa présente certain aspect négatif considérable. Si La libre circulation des personnes et des biens est le symbole de l’intégration régionale, elle reste par contre un défi pour les congolais de Brazzaville qui se voient à nouveau exposés à l’arrivée en masse des congolais de la RDC communément appelés « zaïrois » dont la majorité à traverser du côté de Brazzaville sont souvent des personnes de mauvaise foi « les kulunas » sans identité et qui forment des groupes de délinquants et pavanent dans les grandes artères des villes Pointe-Noire et Brazzaville.

Ayant appris cette information, un étudiant en droit des affaires à l’Université Marien Ngouabi a exprimé son inquiétude « Nos voisins de l’autre côté pourraient venir nous envahir. Ce qui aurait pour conséquence l’augmentation du taux de criminalité, de chômage et de pauvreté ». Une annonce qui plonge le brazzavillois dans une atmosphère d’incertitude pour son lendemain. Mais qui sait ? peut-être que la mentalité des voisins a changé.

Pour la petite histoire, en 2014 les autorités de Brazzaville avaient initié l’opération « MBATA YA BA KOLO », « la gifle des ainés » visant à expulser les congolais de la RDC en situation irrégulière à Brazzaville et environs. Une opération qui a brisé les familles, casser les mariages, attristés certains et émerveillé d’autres. Du côté de la RDC, ce fût la rétorsion. Les étudiants brazzavillois à Kinshasa quoiqu’étant conformes avec la loi étaient renvoyés d’urgence à Brazzaville pour être mis à l’abri. Ce chapitre bien que vieux de 5ans n’est pas loin d’être jeté dans les oubliettes par les victimes, qui ont en gardé dent.

En attendant la mise en route des travaux de construction du pont, les congolais des deux rives continueront de prendre les canots rapides (15mins de traversée) pour relier les deux capitales sur le fleuve Congo.

Article from AFRIC Editorial

Credit Image : google images 

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