Association for Free Research and International Cooperation

Le Mozambique renaitra t- il de ses cendres ?

20.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
A quand le bout du tunnel pour le Mozambique qui passe par une traversée de désert marquée par des ennuis qui s’enchaînent à ne plus en finir. Le pays qui doit organiser en octobre les élections présidentielle, législatives et provinciales connait une série d’évènements qui affectent le vécu de sa population. En espace d’un mois Il a été frappé par deux phénomènes naturels dont les dégâts humains et matériels sont énormes. Sur le plan sécuritaire, la province du Cabo Delgado située au Nord du pays et réputée pour ses nombreuses richesses minières, est le théâtre depuis un an déjà d’attaques meurtrières et autres actes de barbarie imputés à une milice locale. Les évènements qui troublent la stabilité de ce pays d’Afrique australe sont légions et à cette longue liste s’ajoute l’affaire de la dette cachée révélée en 2016 et qui fait connaitre au pays dirigé par Filipe Nyusi, la pire crise financière de son histoire depuis son accession à l’indépendance.

Désolation après le passage de 02 cyclones

Désarrois et désolation, c’est en ces termes qu’on peut qualifier l’atmosphère qui règne au Mozambique après le passage le 25 avril dernier du cyclone Kenneth qui s’est abattu à l’Extrême Nord du pays. On parle d’une quarantaine de morts et autant de blessés. Le bilan de cette catastrophe naturelle la pire qu’ait connu ce pays fait également état de près de 35 000 habitations détruites et de 160000 sinistrés. Le Mozambique a été rasé par cette véritable force de la nature alors que durant le même mois il a été ravagé par le cyclone Idai qui a tué environ 350 personnes, détruits des routes et des habitations. Les autorités qui déplorent l’insuffisance de l’aide humanitaire, s’inquiètent de l’ampleur que pourrait prendre la situation alors que les prévisions météorologiques ne sont guère positives. Elles annoncent de fortes pluies pour les prochains mois. Confrontés à d’énormes difficultés pour faire parvenir l’aide aux sinistrés, l’Etat a également des défis à relever pour trouver des logements aux milliers de personnes qui se retrouvent sans abris. L’Institut mozambicain de gestion des situations d’urgence, s’inquiète aussi de l’insuffisance alimentaire qui s’annonce à grande pompe, plus de 30 000 hectares de cultures ayant été détruites à Beira la deuxième ville du pays pendant le passage d’Idai.

L’économie à genoux à cause d’une dette cachée

Le scandale est en lien avec une affaire de pots-de-vin couplée d’une dette estimée à 2 milliards de dollars que le Mozambique éprouve aujourd’hui des difficultés à rembourser. Alors que les faits remontent à 2013, C’est en 2016 que cette affaire éclate au grand jour lorsque le gouvernement avouera avoir contracté des prêts estimés à 2 milliards de dollars et qui devaient servir à l’achat de navires militaires. Arrivé au pouvoir en 2015, Filipé Nyussi a hérité malheureusement de cette histoire qui remonte à son prédécesseur Armando Guebuza. Pour reprendre le dessus sur le marché de la pêche du thon alors dominé au large de ses cotes par étrangers, l’Etat Mozambicain avait créé une nouvelle société baptisée Ematum (Société mozambicaine du thon). Cette dernière a fait auprès de la compagnie française CMN (Constructions mécanique de Normandie) une commande de trente bateaux. Le problème surviendra au niveau du prêt fait par la société mozambicaine du thon pour payer les dix bateaux. En effet elle empruntera auprès de la banque russe VTB et Crédit suisse quatre fois la sommes d’argent nécessaire pour l’achat des bateaux. Ce prêt fait avec la garantie de l’Etat mozambicain, sera mis à nue par les créanciers du Mozambique qui prendront plus tard connaissance de l’existence d’un surplus de dette d’un milliard et demi de dollars. La révélation de ce scandale financier va contrainte le FMI à interrompre son aide budgétaire mettant ainsi à genoux l’économie mozambicaine. Pour L’opposition, il n’est pas question que cette « dette cachée » aux banques soit remboursée par l’Etat. Bien plus elle exige l’annulation de cet emprunt litigieux.

Naissance d’une insurrection islamiste  

Le Mozambique qui croupit sous une dette cachée qu’il doit payer et qui paralyse son économie, doit aussi faire avec une milice islamiste qui a vu le jour dans la riche province du Cabo Delgado situé au Nord du pays. L’insurrection bien que nouvelle a déjà réussi à instaurer un climat de terreur dans cette partie du Mozambique multipliant les attaques, des décapitations de personnes et détruisant des habitations. Si un mystère entoure encore l’origine de cette insurrection à qui la population locale a donné le nom d’Al-Shabab, qui veut dire « jeunesse » en arabe, la cause réelle de son combat reste encore ambigüe. N’ayant rien à voir avec le groupe armée somalien qui porte le même nom, cette milice qui prône un islam radical à en croire certains membres de l’opposition serait le fruit d’un conflit interne qui existe au sein de la majorité au pouvoir pour le contrôle les richesses minières dont regorge cette région.

Arrivé au pouvoir en 2014 le président Filipe Nuysi n’a pas la tâche facile. Son pays qui est cité parmi les plus pauvres du monde, peine à sortir la tête de l’eau malgré les importants gisements de gaz qu’il contient et dont l’exploitation pourra en faire l’un des plus grands producteurs de gaz du monde.  A quelques mois des élections prévues cette année, le parti au pouvoir malgré la situation chaotique qui prévaut voit encore en Nyusi l’homme de la situation capable de redresser le pays. Mais pour maintenir son candidat au pouvoir, le FRELIMO  devra proposer un discours plus élogieux que celui de l’opposition qui compte bien surfer sur la vague des malheurs que traverse le pays pour proposer sa recette miracle d’un Mozambique capable de renaitre de ses cendres.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

 

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community