Association for Free Research and International Cooperation

Malawi: élections générales à l’issue incertaine

19.05.2019
Le chef de l’Etat sortant du Malawi Peter Mutharika, 78 ans, joue sa carrière politique mardi lors d’une élection présidentielle à l’issue incertaine, où il affrontera le chef de l’opposition et deux membres de son propre gouvernement.

Les 6,8 millions d‘électeurs malawites doivent aussi élire le même jour leurs députés et leurs conseillers locaux dans ce pays d’Afrique australe pauvre et agricole, très dépendant de l’aide internationale.

Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, brigue un second mandat face à sept autre candidats.

Sa présidence a été ternie par des affaires de corruption, alors qu’il s‘était engagé à lutter contre ce fléau. Il a été personnellement impliqué dans une affaire de pots-de-vin de 3,9 millions de dollars.

Il a d’abord affirmé être “convaincu qu’il s’agissait d’un don honnête”, avant d‘être contraint de rembourser 200.000 dollars.

Pendant la campagne, il a soigneusement évité d‘évoquer le scandale.

“On a mis le Malawi sur le chemin du progrès”, a-t-il lancé samedi lors de son dernière réunion électorale, à Blantyre, devant des milliers de ses partisans. “Si vous me donnez cinq ans supplémentaires, je transformerai ce pays au point que vous ne le reconnaîtrez pas (…). On arrivera au niveau de Singapour ou de la Malaisie”, a-t-il affirmé.

Les infrastructures, notamment les routes, se sont améliorées ces cinq dernières années, mais le bilan économique de sortant reste mitigé. Depuis 2014, le taux d’inflation a certes chuté de 23 à 9%, mais la croissance a baissé de 5,7% à 4%, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Ses principaux opposants mardi – son vice-président Saulos Chilima, son ministre de la Santé Atupele Muluzi et le chef de l’opposition Lazarus Chakwera – ont naturellement fait de la lutte contre la corruption l’un de leurs principaux arguments de campagne.

‘Pillage des ressources’

Saulos Chilima, qui a claqué l’an dernier la porte du Parti populaire démocratique (DPP, au pouvoir) tout en conservant son poste de vice-président, accuse le sortant de “corruption” et de “népotisme”.

“On assiste à un grave pillage des ressources publiques, qui sont pourtant destinées à améliorer la qualité de vie”, a-t-il affirmé à l’AFP. “Les personnes au pouvoir (…) savaient parfaitement quoi faire mais elles ont fait l’exact opposé.”

Samedi, Lazarus Chakwera, chef de la principale formation d’opposition, le parti du Congrès du Malawi de l’ancien dictateur Hastings Kamuzu Banda (1964-1994), a lui aussi encore joué la carte anti-corruption.

“Nous devons mettre fin à la corruption et faire respecter l’Etat de droit”, a-t-il déclaré à l’AFP. “Les gens sont prêts au changement (…) Nous allons gagner cette élection”, a ajouté celui qui était arrivé deuxième de la présidentielle en 2014.

Cette année, il dispose d’un avantage de poids, le soutien de l’ex-présidente Joyce Banda (2012-2014).

Ses partisans veulent croire à sa victoire.
“Je veux que le pays redevienne ce qu’il était pendant l‘ère Kamuzu, les choses allaient alors bien mieux”, a estimé à l’AFP Scholastica Blackson, une productrice d’arachides.

En 2019, la moitié des 18 millions de Malawites vivent toujours sous le seuil de pauvreté et seuls 11% de sa population ont accès à l‘électricité.

Lire l’article original ici.

Crédit image/google images

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community