Association for Free Research and International Cooperation

De plus en plus de satellites africains dans le ciel

07.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le cercle des pays africains qui se lancent dans la conquête de l’espace s’élargit au fur et à mesure. En effet avec le Rwanda et bientôt l’Éthiopie, ce sont au total 8 pays africains qui disposent désormais de leurs propres satellites d’observation.

Baptisé « Icyerekezo », le satellite lancé par Kigali a été construit dans la ville française de Toulouse. Son ambition, offrir une connexion haut débit aux étudiants du groupe scolaire secondaire de Saint Pierre Nkombo de l’île de Nkombo près du lac Kivu à l’origine du nom de baptême de ce satellite. Il est le fruit d’un partenariat entre le gouvernement rwandais et l’entreprise américaine One Web. Le programme porte d’ailleurs le même nom. Avec ce lancement, le pays de Paul Kagamé mise sur un développement basé sur internet. Icyerekezo participe donc de cette volonté. A terme, le programme vise à former des étudiants aux techniques spatiales dans le cadre des efforts de la « Rwanda Coding Academy », qui a été créée récemment pour former des experts locaux en développement de logiciels. Tous ces projets font partie de la politique du « Rwanda Digital Talent », visant à renforcer les capacités en TIC du pays.

Le lancement de ce satellite rwandais emboîte le pas à celui du Maroc en 2017. Le royaume chérifien avait lancé également son programme dénommé Mohamed IV-A depuis la base de Kourou en Guyane.  Le satellite a été conçu avec l’aide de la France et devait permettre à Rabat de gérer des projets agricoles, les ressources naturelles mais aussi de prévenir les catastrophes climatiques et à la surveillance frontalière.

Toujours en 2017, le Ghana avait lui aussi mis en orbite son tout premier satellite d’observation avec l’aide de l’agence d’exploitation aérospatiale japonaise. L’engin, un nano satellite, avait été conçu par des étudiants de la All National University de Koforidua grâce à du matériel fournit par la NASA. Il visait à surveiller les côtes ghanéennes et renforcer les capacités du secteur des technologies.

DES SATELLITES POUR OBSERVER

Mais dans cette course aux satellites des pays africains, c’est l’Afrique du Sud qui semble être la mieux avancée. Elle a même vu un de ses concitoyens s’envoler en touriste dans l’espace en 2002 à bord d’une fusée russe. La création en 2010 de l’agence spatiale sud-africaine témoigne aussi de cette avance sur les autres pays. Déjà en 1999, l’Afrique du Sud avait mis en orbite un premier microsatellite Sunsat construit par des étudiants de l’université de Stellenbosch.

Aux côtés de la nation arc en ciel, le Nigéria fait aussi office de doyen des pays africains dans l’espace. La National Space Research and Development Agency a été créée depuis 1999 pour être fonctionnel deux ans après. Le premier satellite sorti de cette agence avait été mis en orbite en 2003 pour un coût de 30 millions de dollars. NigeriaSat-1 devait surveiller la désertification dans le nord du géant de ce géant d’Afrique mais aussi alerter sur les catastrophes naturelles.  Le pays n’a pas réussi à atteindre son objectif d’envoyer un homme dans l’espace en 2016 comme il l’ambitionnait en 2006. Pas sûr également qu’il réussisse à envoyer un homme dans la lune en 2030 comme prévu dans son projet.

L’Algérie pour sa part a mis sur orbite entre 2002 et 2016 cinq satellites : Alsat-1 et Alsat-2A des satellites d’observation de hautes et moyennes résolutions. S’en suivirent trois autres, toutes d’observations.

Dans cette course de l’espace, il faudra compter aussi cette année avec l’Éthiopie. En effet, selon le directeur général de Ethiopian Space Science and Technology Institute (Essti) Solomon Belay Tessema, le tout premier satellite éthiopien devrait être lancé depuis le territoire chinois au mois de septembre 2019. Pour cela, Addis-Abeba devrait bénéficier de l’aide de la Chine pour le financement de l’engin qui aura pour but de recueillir des données sur l’eau, l’agriculture, le changement climatique et l’environnement.

Cependant, « On ne peut pas parler de conquête spatiale, mais plutôt d’“accès à l’espace” » selon le Franco-Burkinabè Sékou Ouédraogo, chef de projet chez Safran cité par Jeune Afrique. La plupart de ces pays africains qui se lancent dans cette course aux étoiles bénéficient de l’aide des pays développés en raison notamment du manque de moyen. « Il y a de réelles disparités quant à la formation et à l’expertise. Sans parler de la volonté politique et des capacités financières. Mais les États africains ont compris que les satellites leur étaient nécessaires pour se développer » d’après Sékou Ouédraogo.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

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