Association for Free Research and International Cooperation

La pollution en Afrique, un mal réel

06.05.2019
Article de la rédaction AFRIC
La pollution de l’air est un fléau qui fait des ravages dans le monde et l’Afrique n’est pas épargnée. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la mauvaise qualité de l’air que l’on respire dans les grandes villes africaines est un risque majeur en matière de santé publique. Les pays les plus peuplés du continent que sont le Nigeria, l’Ethiopie et l’Egypte, sont également ceux qui occupent les premiers rangs en matière de pollution de l’air. A l’origine d'un nombre considérable de décès prématurés et de maladies pulmonaires telles et de cancers, la pollution atmosphérique est un mal dont les nombreux risques continuent malheureusement d’être ignorés par la population et les pouvoirs publics qui peinent à mettre sur pied des politiques devant permettre de mieux respirer. Dans le contexte africain, les causes tous comme les conséquences sont multiples et l’urgence d’actions efficaces pour contrer ce mal nécessaire.

Les causes de la pollution en Afrique

En Afrique l’une des premières causes de la dégradation de l’air est la production de l’énergie. L’usage du charbon de bois pour la cuisine dans de nombreux voyers vivant dans la précarité est une source majeure d’intoxication de même que celle d’ustensiles de cuisine usées, de bougies, de biocarburants et de lampes à kérosène. A cela s’ajoutent d’autres facteurs plus sérieux comme l’utilisation de générateurs à gasoil ou encore l’implantation d’usine de production au centre des villes. Si tous ces facteurs sont non négligeables à cause de leur conséquence sur la qualité de l’air, l’usage des véhicules d’occasion sur le continent africain reste également parmi les sources importantes de pollution atmosphérique. A cette longue liste s’ajoutent la combustion des déchets issus des décharges publiques. Les scientifiques pointent également du doigt les phénomènes naturels tels que les feux de forêts et les tempêtes de poussière en provenance du désert du Sahara.

Négligés par les gouvernements qui peinent à agir face à la détérioration de la couche d’ozone la pollution engendre des conséquences tant sur la santé que sur l’économie.

Les conséquences de la pollution

L’une des premières conséquences de la pollution de l’air est la dégradation de la santé. Elle est à l’origine de l’asthme, des maladies cardiovasculaires et pulmonaires et des cancers. En Afrique la pollution atmosphérique est un facteur majeur de décès chez les enfants tout comme la malnutrition et l’eau insalubre. L’OMS évalue à 500000 le nombre de décès prématurés causés chaque année par l’exposition aux particules fines. Les victimes sont bien évidement les enfants de moins de 05 ans vivant dans des environnements où l’air est toxique. L’OMS indique qu’en Afrique le nombre d’enfants exposés à l’air polluée est plus élevé comparé à l’Europe où il est 50 %.

Le changement climatique qui est à l’origine de violentes tempêtes et des inondations … est une autre conséquence de la pollution causée par des gaz nocifs tels que le méthane, les protoxydes d’azote et le dioxyde de carbone. La dégradation de l’air n’affecte pas seulement la santé mais touchent aussi le volet économique. La Banque mondiale en 2013 interpellait l’Afrique sur le manque à gagner causé par la pollution sur son économie qu’elle chiffrait à hauteur de 3,8 % du taux de croissance de son Produit national brut (PNB). Des pertes liées aux couts en matières de santé et perte de journées de travail.

Quelles solutions pour lutter contre la pollution

Assainir l’air dans les métropoles africaines est encore possible. Faces aux méfaits multiples de la pollution, l’OMS exhorte les politiques africaines à mettre sur pied des projets environnementaux pour permettre à leur population de mieux respirer. La guerre pour cela doit être menée sur plusieurs fronts. Elle doit commencer au niveau des ménages qui devraient pour cela abandonner l’usage de combustibles polluants pour le chauffage, la cuisine et l’éclairage. Au niveau des transports des actions urgentes sont également nécessaires. A savoir la diminution d’importation de véhicules de seconde main en provenance des pays développés. C’est pour la promotion de véhicules neufs « made in Rwanda » que le président Paul Kagamé a encouragé l’installation à Kigali d’une d’usine d’assemblage de véhicule du constructeur européen, Volkswagen. En Ouganda, le parlement a adopté une loi l’année dernière interdisant les importations de véhicules de plus de 15 ans dans le but de lutter contre la pollution de l’environnement due en grande partie à l’usage de vieilles voitures. Pour ce qui est des installations industrielles une modernisation des raffineries est nécessaire pour faire disparaitre le soufre des combustibles et les générateurs au diesels doivent être remplacé par des centrales électriques.

L’usage des énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique, biomasse) est une autre solution offerte aux pays africains. Une voie sur laquelle le Maroc qui a abrité la cop 22 est déjà engagé. En plus d’être moins couteux, les énergies vertes sont à mesure de couvrir un quart des besoins énergétiques de l’Afrique qui possède un taux d’ensoleillement élevé et des cours d’eaux. Des éléments nécessaires pour une bonne transition énergétique.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

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