Association for Free Research and International Cooperation

Pourquoi la CPI devient-elle de plus en plus inefficace ?

24.09.2018
Le 17 juillet 1998, 120 Etats ont adopté à Rome le Statut (Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale), instituant la CPI. 20 ans après, on se rend compte que cette Cour devient de plus en plus inefficace.

En effet, le 27 octobre 2017, le Burundi s’est retiré du Statut de Rome instituant la CPI. Trois (3) pays africains ont porté un coup dur à la Cour Pénale Internationale (CPI). Le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie qui ont annoncé, l’un après l’autre, leur décision de quitter la CPI.

Cependant, le rêve de cette justice internationale est-il menacé ? Cent vingt-quatre (124) Etats, soit près des deux tiers des Etats du monde, ont ratifié le Statut de Rome ayant donné naissance à la CPI. Ses membres sont surtout des pays africains, mais aussi latino-américains et européens.

Trente deux (32) autres Etats ont signé le Statut, mais ne l’ont jamais ratifié, dont les Etats-Unis, Israël et la Russie. D’autres enfin, comme l’Arabie Saoudite, Cuba, la Turquie et l’Indonésie ne l’ont même pas signé.

Trois (3) Etats ont annoncé leur intention de se retirer de la Cour. Ils invoquent tous les trois (3) le fait que la CPI serait partiale, vis-à-vis des Africains notamment. Car, sur 10 affaires actuellement en cours devant la CPI, 9 concernent des Etats africains. Donc, il y a un sentiment de deux poids et deux mesures. Il y a cette idée que la CPI ne s’attaque qu’à des Africains, ce qui est perçu comme une insulte pour l’Afrique, ne reflétant pas la réalité et la diversité des endroits où sont commis des crimes de droit international.

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé qu’il envisageait, lui aussi, de se retirer de la CPI pour protester contre les critiques occidentales de sa lutte répressive contre les trafiquants de drogue, mais il n’en est rien encore.

Avec l’acquittement de Jean-Pierre Bemba Gombo, le 8 juin dernier, la CPI a mis aujourd’hui en place une stratégie d’assistance aux victimes des exactions des éléments de Bemba, dont cette Cour a reconnu les faits. On se rend compte que la CPI devient de plus en plus inefficace. Eu égard aux évènements que traverse la RCA, il serait mieux pour les autorités centrafricaines de faire seulement confiance à la Cour Pénale Spéciale (CPS), cette juridiction nationale !

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