Association for Free Research and International Cooperation

Afrique : La question des familles nombreuses

30.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
La question des familles nombreuses est une tradition en Afrique. Avoir 4 à 7 enfants est une source d’enrichissement pour les uns alors qu’une dizaine d’enfants est un honneur pour les autres. Aux côtés de ce choix se dressent plusieurs défis d’ordre éducatif, sanitaire et sécuritaire.

La famille nombreuse est une source d’épanouissement et de richesse en Afrique. Un enfant africain représente une richesse aux yeux de ses parents. Un enfant est une entreprise dans laquelle on investit aujourd’hui par une bonne éducation et la scolarisation pour récolter demain. Les enfants assurent la retraite des parents disent les africains. Aussi vieux qu’ils puissent devenir, les parents n’auront rien à craindre car leurs enfants prendront soin d’eux à tour de rôle ; et ils pourront voyager à travers le monde si jamais ses arbres portent de bons fruits et s’installent un peu partout dans le monde. Selon les parents africains, Il y’a plus de chance d’avoir des ministres, des docteurs et officiers de police dans une famille nombreuse que dans une famille de trois. Et avec beaucoup d’enfant dans la maison, on ne s’ennuie pas, on rit plus et on passe du beau temps. La famille nombreuse est résolument le garant de la fierté en Afrique.

 

Concevoir une famille nombreuse est tout autant un honneur qu’un bonheur. Les pères de familles de plus de 10 enfants sont repérés et félicités pour cet exploit. Dans certains pays de l’Afrique subsaharienne, avoir une nombreuse famille monogame ou polygame fait de vous un Roi, une personne respectée malgré la polémique. Tel est le cas dans un village du Benin où le Colonel Dévi a à lui seul plus de 55 enfants conçus avec 21 femmes. Cet exploit lui donne les ailles d’un Roi et sa famille constitue un cadre touristique pour les étrangers en vacances au Bénin. Ce riche chef de bétail confie que chez lui personne ne se plaint, ses enfants ne manquent de rien. Ils sont nourris trois fois par jour et les plus âgés sont mis à l’école. Ce chef de famille entend faire plus d’enfants que cela. Sa motivation ? les honneurs d’une majesté.

  Défis des familles nombreuses

Faire beaucoup d’enfants c’est bien, mais en prendre soin c’est mieux. Au fil de générations, les familles nombreuses ne sont plus une fierté autant louée comme avant. Avec le train de vie actuel, les familles nombreuses sont de plus en plus sur la pente et font face à plusieurs situations compromettantes. Si les plus aisées s’occupent très bien de leurs enfants, les nourrissent, les scolarisent et supportent leurs frais de santé, les transportent à l’école sans offusquer, les démunis eux en bavent et connaissent de réelles difficultés financières. Manque de budgets mensuels élevés pour pouvoir nourrir toute la famille, manque d’assurance maladie, manque de scolarisation et le manque de logement parmi tant d’autres.

 

Les parents démunis arrivent à peine à prendre en charge leurs enfants à l’orée de la rentrée scolaire, et pendant les périodes festives. Et dans ce genre de cas, les jeunes filles en payent le prix : manque de scolarisation, grossesses précoces, prostitution (…) éducation de la mère à la fille bâclée. Abandonnés à eux-mêmes, les parents de familles nombreuses se retournent vers les ONG pour leur porter secours ou vers les organisations d’aide humanitaires. Dans ces familles, il n’est sans doute pas rare de constater de la mésentente entre enfants surtout si ces derniers sont issus de mères différentes mais vivent sous le même toit.

Réalité sur la natalité à travers le monde

En Europe tout comme dans certains pays asiatiques, les familles nombreuses bénéficient de plusieurs avantages en nature, en cash ou en service leur facilitant le quotidien. En France ou en Roumanie par exemple, les familles nombreuses bénéficient des allocations familiales et même du logement. Avec l’arrivée des cartes « familles nombreuses » les familles de plus de 6 enfants tirent avantages sur la réduction à 75% des frais de trains grandes lignes du réseau national. A côté de cela, dans toute la France, il y’a plusieurs syndicats et organisations qui luttent chaque jour pour les intérêts familiaux et se dressent contre les incitations à la limitation des naissances.

Une réalité toute autre en Afrique subsaharienne où il n’existe ni prime à la natalité, ni allocations ou associations œuvrant pour défendre les intérêts des familles nombreuses. Les associations sociales sont presque absentes et ne réagissent presque pas sinon qu’en cas de cri de cœur médiatisé. La situation est presque pareille au Mali et au Botswana. Et les gouvernements déjà beaucoup trop engagés à mettre fin à la crise économique n’aident pas les familles nombreuses en décrétant des frais de santé gratuits sinon réduits pour eux. Conséquences : déscolarisation, et décès prématurés.

Du moins, ces dernières années on constate une baisse de la proportion. Les familles essaient de limiter les naissances car la question des familles nombreuses n’est plus une priorité en Afrique compte tenue des nombreuses situations qui nécessitent l’attention du gouvernement et des organisations internationales. La vie actuelle engrenée par la crise financière impose de limiter les naissances pour prévenir le futur des enfants et limiter les dégâts dans l’avenir bien que certaines femmes n’aient pas encore compris la nécessité du planning familial pour limiter le nombre de naissance et garantir le futur des enfants.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image/google images

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