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Crise dans le football gabonais: Que se passe-t-il réellement?

28.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le football gabonais traverse une véritable crise qui a fini par porter préjudice à la sélection nationale dissoute par le ministre des Sports Alain-Claude Bilie-By-Nzé après sa non qualification à la CAN 2019. Doté de nouvelles infrastructures sportives aux normes internationales, le Gabon s’est pourtant illustré ces 10 dernières années sur le continent, comme une nation éprise de football en abritant sur ses terres à deux reprises, la prestigieuse coupe d’Afrique des Nations (2012, 2017). Les prouesses en Bundesliga de son joueur vedette Pierre-Emerick Aubameyang avant sa virée dans le championnat anglais ont permis à ce pays d’Afrique centrale de parfaire sa stature à l’internationale. Aujourd’hui tout va malheureusement de travers pour le football gabonais qui est en train de suivre une véritable descente aux enfers. L’occasion de se poser la question de savoir comment en est-on arrivé là ?

EXISTENCE D’UN PROFOND MALAISE

Avant la dissolution complète de l’équipe nationale de football, de nombreux événements démontraient déjà l’existence d’un profond malaise au sein de la grande famille du football gabonais. Polluant les relations entre joueurs, entraîneurs et dirigeants ces mésententes et frictions ont donné lieu à une suite qui parait pour de nombreux gabonais logique.

Pays hôte de la CAN 2017, cinq ans seulement après l’édition co organisée avec la Guinée Equatoriale, le Gabon brillera par son absence en Egypte. Logé dans la poule C avec pour adversaires le Mali, le Burundi et le Soudan du Sud, les Panthères ont vu filer toute chance de prendre part à cette compétition en concédant un nul au Burundi synonyme de qualification historique pour ce pays.

De l’avis de plusieurs gabonais déçus, tout n’a pas été fait pour que l’équipe nationale de football se prépare dans de meilleures conditions. Plusieurs sources évoquent comme entraves à cette qualification, le stage effectué à Libreville par manque de fonds et non au Rwanda pays voisin du Burundi comme l’avait suggéré le staff pour des raisons climatiques. Les problèmes de vols qui ont joué sur le temps d’entrainement des joueurs, le retard dans le règlement du consensus lié aux primes des joueurs, le manque de cohésion nationale au sein de l’équipe et l’arrivée tardive d’Aubameyang dont les membres de la famille ont voyagé pour le Burundi dans le même avion que la délégation sous ordres du ministre des sports.

LE CHAMPIONNAT N’EST PAS A L’ABRI

Au regard de ces quelques incongrues évoquées ça et là pour justifier la débâcle des Panthères du Gabon le 23 mars au Burundi, une chose est sure, le football gabonais va mal et ce du bas au sommet de la pyramide. Le championnat dont le lancement a été repoussé en 2018 à plusieurs reprises reste une énigme difficile à résoudre pour les dirigeants. A en croire le ministre des sports, les raisons de cette irrégularité sont budgétaires et non en lien avec le calendrier. C’est en clair à cause du manque d’argent que de vrais compétitions ne sont pas organisées dans le pays.

Le championnat étant en manque de sponsors, les clubs gabonais attendent de l’Etat des subventions. C’est le non-respect de cet engagement qui pousse les présidents de clubs de ligue à solliciter, l’interruption fréquente des championnats quelques mois seulement après leurs lancements. Résultats le championnat local peine à attirer les foules et les clubs sur la scène continentale sont moins performantes. 

 LA DISSOLUTION DE L’EQUIPE NATIONALE EST-ELLE LA SOLUTION ?

En prenant la décision de dissoudre l’équipe nationale de football au lendemain de son échec des éliminatoires de la CAN 2019, Alain-Claude Bilie-By-Nzé avait été clair lors d’un point de presse sur les motifs de cette résolution. « Nous allons rebâtir l’équipe nationale sur de nouvelles bases en mettant de côté tous ceux qui se sont caractérisés par un manque d’envie, de patriotisme, et qui ont plus mis en avant les ressources financières en oubliant la Nation et l’esprit d’équipe ». Le ministre des sports dans son projet de réorganisation du football gabonais, a également annoncé la mise sur pied d’un règlement intérieur accompagné d’un contrat d’engagement impliquant les notions de discipline, de patriotisme et d’exemplarité auxquelles devront se soumettre les joueurs désireux d’intégrer l’équipe nationale. Il a également évoqué la création dans les quatre provinces hôtes de la CAN 2017 d’écoles de football et la réduction du nombre de joueurs étrangers dans le championnat local.

Pour l’ancien coach des Panthère, Daniel Cousin limogé au lendemain de la non qualification de ses poulains, le ministre des sports n’est pas exempt de critiques. L’ancien joueur du FC Sapin en France qui a décidé de porter plainte contre la FEGAFOOT pour salaire impayé à hauteur de 224 millions de francs CFA, a fait savoir lors d’une interview accordée à So Foot que l’indiscipline des joueurs, le manque de sérieux des dirigeants et surtout le rejet par le ministre des sports de son projet sportif font parties des raisons fondamentales liées à la mauvaise performance de l’équipe dont il avait la mission de qualifier en CAN. Ce fameux programme snobé par le patron des sports gabonais à en croire ce dernier, consistait à imposer une ligne de conduite aux joueurs, à l’organisation de stages avec les footballeurs locaux, à la création d’une école de gardien de but et à la mise sur pied d’un calendrier de stages fréquents avec la sélection A. Le désormais ex sélectionneur des Panthères n’est pas le seul à tirer à boulet rouge sur les dirigeants de sa fédération. Il est rejoint dans cette logique par Pierre-Emerick Aubameyang. Déserteur pendant un temps de la sélection nationale, il avait déploré l’amateurisme des dirigeants sportifs gabonais, la nonchalance de la FEGAFOOT sur les conditions de transports de l’équipe ainsi que la légèreté avec laquelle son père Pierre Obama avait été nommé sélectionneur de l’équipe nationale sans avoir été consulté alors qu’il était souffrant.

 

Panser les plaies du football gabonais qui se porte au plus mal, n’est pas qu’une affaire de dissolution de l’équipe nationale. Pour rebâtir l’édifice qui se meurt, c’est toute la fondation qu’il faut refaire car l’agonie dans laquelle est plongé le sport rois dans ce pays, de l’avis de plusieurs n’est que le résultat de l’amateurisme qui se caractérise par de nombreux problèmes de gestion et d’organisation tant au niveau des clubs, de la fédération que de la ligue de football.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

 

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