Association for Free Research and International Cooperation

Libye-Tunisie: le rapatriement d’armes françaises tourne au feuilleton

25.04.2019
Intercepté le 14 avril à la frontière tunisienne en provenance de Tripoli, un convoi français à plaques diplomatiques a vu son chargement consigné par les douanes. L’arsenal saisi a alimenté toutes les spéculations.

Jeudi 4 avril, le maréchal Haftar ordonnait à son armée d’entrer à Tripoli, déclenchant une offensive meurtrière en Libye. Les chancelleries occidentales sur place se sont alors préparées à être évacuées si les combats perduraient. C’est ainsi que la semaine suivante, onze Européens membres de la mission d’assistance européenne EUBAM en Libye rejoignaient la Tunisie par voie maritime.

Quatre jours plus tard, le 14 avril, treize Français se présentaient à l’un des deux postes-frontières du sud-est de la Tunisie pour se rendre à Tunis.

Ces deux opérations devaient rester discrètes et n’étaient pas connues des autorités libyennes. Révélées au même moment, elles ont pourtant alimenté chaque jour les médias locaux. En particulier la caravane française, qui avait choisi la route pour gagner la Tunisie.

Qui étaient ces treize Français ? Conseillers secrets de chefs de guerre ? Agents des renseignements ? Agents de sécurité auprès de l’ambassade de France à Tripoli ? Depuis ce 14 avril, toutes les versions ont circulé.

Treize gendarmes de l’ambassade à Tripoli avec un grand arsenal militaire

Selon nos dernières informations, il s’agirait de treize gendarmes chargés de la protection de l’ambassadrice de France à Tripoli. Ils circulaient à bord de six véhicules 4×4 et auraient patienté plus de vingt heures au poste de Ras Jedir.

Selon une source proche du dossier, côté tunisien, les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur avaient été prévenus par la France de ce déplacement décidé moins de 48 heures auparavant.

Mais le renforcement des contrôles frontaliers après l’offensive du maréchal Haftar a imposé un inventaire complet des armes et des matériels de renseignement transportés par les véhicules à plaques diplomatiques. Plusieurs centaines de grenades, des casques, des gilets pare-balles, des lance-missiles et lance-roquettes et du matériel de communication ont alors été saisis. Ils ont été stockés dans l’entrepôt des douanes tunisiennes.

Finalement, il a fallu qu’un diplomate français se déplace de Tunis, à 600 km de là, pour permettre le passage des treize personnels de sécurité français qui, pour leur travail en Libye, possédaient des passeports diplomatiques. Ces treize fonctionnaires français ont dû laisser leurs armes et leur matériel au poste-frontière.

De groupes armés « sous couverture diplomatique » pour la Défense tunisienne

L’affaire aurait pu en rester là, mais le ministre tunisien de la Défense qui, de source fiable, n’était pas dans la « chaîne de communication entre Paris et Tunis », s’est saisi du sujet : il a évoqué une « tentative d’infiltration dans le territoire national de groupes armés en provenance de Libye », qualifiant les Français interceptés d’« hommes sous couverture diplomatique ».

Seul ministre à avoir exprimé ses doutes sur la version française de ce feuilleton, Abdelkarim Zbidi n’a jamais démenti ses accusations et les a même répétées.

Lire l’article original ici.

Crédit image/Fathi Nasri/AFP

VOIR ÉGALEMENT:

La lutte contre le paludisme menacée par la pandémie de Covid-19
Jeudi 4 avril, le maréchal Haftar ordonnait à son armée d’entrer à Tripoli, déclenchant une offensive meurtrière en Libye. Les chancelleries occidentales sur place se sont alors préparées à être évacuées si les combats perduraient. C’est ainsi que la semaine suivante, onze Européens membres de la mission d’assistance européenne EUBAM en Libye rejoignaient la Tunisie par voie maritime. Quatre […]
Coronavirus : les étudiants africains de Chine, victimes de discriminations
Jeudi 4 avril, le maréchal Haftar ordonnait à son armée d’entrer à Tripoli, déclenchant une offensive meurtrière en Libye. Les chancelleries occidentales sur place se sont alors préparées à être évacuées si les combats perduraient. C’est ainsi que la semaine suivante, onze Européens membres de la mission d’assistance européenne EUBAM en Libye rejoignaient la Tunisie par voie maritime. Quatre […]
Cédéao: un premier sommet des chefs d’État sur le coronavirus en visioconférence
Jeudi 4 avril, le maréchal Haftar ordonnait à son armée d’entrer à Tripoli, déclenchant une offensive meurtrière en Libye. Les chancelleries occidentales sur place se sont alors préparées à être évacuées si les combats perduraient. C’est ainsi que la semaine suivante, onze Européens membres de la mission d’assistance européenne EUBAM en Libye rejoignaient la Tunisie par voie maritime. Quatre […]
To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community