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Crises au Soudan et en Lybie: Quel rôle peut jouer l’Union Africaine

26.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’Union africaine peut-elle apporter des solutions adéquates aux crises que traversent le Soudan et la Libye ? En remplaçant Paul Kagamé à la tête de l’instance continentale, le maréchal Abdel Fatah Al Sissi avait focalisé sa présidence sur le maintien de la paix, la sécurité et la reconstruction post-conflit adhérant ainsi à l’objectif de l’Union africaine de faire taire les armes sur le continent d’ici 2020. L’enlisement des violences en Libye et le soulèvement populaire au Soudan sont de nouveaux défis qui viennent mettre à l’épreuve le mandat du président égyptien devenu un partenaire important dans la lutte contre l’insécurité dans le monde. Le double sommet organisé dans son pays le 23 avril avait de ce fait pour but d’apporter des solutions africaines aux situations que traversent ces deux pays du continent.

L’UA SE MEFIE DE L’INTERVENTION OCCIDENTALE

Le chaos qui règne en Libye aujourd’hui depuis l’assassinat en 2011 de Mouammar Kadhafi à la suite de l’intervention des forces de l’OTAN est un exemple pertinent du désastre causé par l’ingérence internationale en Afrique. L’anarchie qui s’est installé en Libye affecte aujourd’hui ses voisins. Le Marechal égyptien qui a fait de la pacification de ce pays l’un des objectifs de sa politique étrangère, voudrait que l’Union africaine pèse de son poids dans la résolution de cette crise qui préoccupe également de l’autre côté de la Méditerranée.

Le dossier libyen est une priorité pour la France dont le président Emmanuel Macron a organisé à deux reprises déjà une rencontre impliquant les acteurs politiques du conflit. L’Italie qui est en rivalité avec le voisin français et qui se revendique un passé coloniale avec la Libye veut également jouer de sa partition. Apres l’initiative française, Rome a organisé du 12 au 13 novembre 2019, à Palerme, un sommet sur la question libyenne visant à réaffirmer le soutien international à la solution proposée par l’ONU. Il s’agissait surtout pour l’Italie qui voit d’un mauvais œil l’ingérence française dans ce conflit de réaffirmer son statut de leader européen et acteur de premier plan sur ce dossier particulier. Malgré le bras de fer opposant ces deux nations européennes sur le conflit libyen, l’Union africaine qui est également très impliquée dans la résolution pacifique du conflit, travaille pour aboutir à une réconciliation entre les frères libyens en collaborant avec l’ONU.

CRISES AU SOUDAN ET EN LIBYE : LES SOLUTIONS DE L’UA

Alors que les messages de soutiens se multiplient envers les manifestants soudanais et que les puissances étrangères s’activent à résoudre la crise en Libye, six présidents africains ont fait le déplacement pour le Caire pour prendre part autour du chef de l’Etat égyptien, à un sommet d’urgence consacré à la Libye, mais visant également à remettre de l’ordre au Soudan. Il s’agit des présidents Paul Kagamé du Rwanda, Idriss Deby Itno du Tchad, Denis Sassou Nguesso du Congo, Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud, Ismaïl Omar Guelleh de Djibouti et Mohamed Abdullahi Mohamed de Somalie. Des responsables venant du Kenya, du Nigeria de l’Ouganda, d’Ethiopie et du soudan du Sud ont également pris part à cette réunion. Le panel constitué des chefs d’Etats africains a donné 03 mois aux responsables de la contestation et au pouvoir militaire pour parvenir à une « transition pacifique » recommandant par la même occasion au Conseil de paix et de sécurité de l’ UA de tenir compte de ce délai, lui qui avait donné un ultimatum d’une quinzaine de jours à l’armée soudanaise pour quitter le pouvoir et le remettre à une autorité civile.

Rappelant que ce sommet est un tournant historique à un moment décisif qui requiert la solidarité de tous les frères africains, le président égyptien a exhorté la communauté internationale à plutôt aider le soudan à faire face à ses défis économiques. Pour lui le volet concernant la résolution politique de la crise devrait être géré par les africains eux même.

Les différents pays ayant pris part à cette réunion de Haut niveau ont recommandé au président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat de poursuivre les négociations au Soudan jusqu’à l’obtention d’une résolution pacifique de cette crise. Dans sa mission, le diplomate tchadien pourra bénéficier de l’appui des ministres des affaires étrangères des pays présents à ces assises. Dans sa déclaration finale, le président égyptien qui présidait la réunion, a souligné que « L’objectif ultime de la mission sera l’organisation d’une élection démocratique qui verra de toutes les forces politiques soudanaises. La solution viendra des Soudanais eux-mêmes ».

La réunion dédiée à la Libye qui a eu lieu quelque heures plus tard après celle consacrée au Soudan, avait pour but de parvenir à des moyens permettant de mettre un terme à la crise qui prévaut dans ce pays, de relancer le processus politique et de procéder à l’éradication du terrorisme. Cette réunion a vu la participation du chef de l’Etat égyptien qui était accompagné pour la circonstance de ses homologues du Rwanda, d’Afrique du Sud et du Congo, en occurrence président de la commission sur la Libye à l’UA.

Les présidents africains présents au Caire ont demandé « l’arrêt immédiat et inconditionnel » des combats dans ce pays où de violents affrontements opposent à Tripoli les troupes du maréchal Haftar, l’homme fort de l’est libyen, qui bénéficie notamment du soutien de l’Egypte à celles du gouvernement d’union nationale, reconnu par la communauté internationale. L’Union africaine qui se dit préoccupée par la situation des civils dont plusieurs ont péri dans les violences, a lancé un appel à la retenue à l’endroit des deux parties et plaidé pour que les combattants permettent « l’arrivée de l’aide humanitaire ».

Longtemps considérée comme une institution inutile incapable de se faire entendre dans la résolution de conflits que traverse le continent, l’Union africaine qui a déicide de se défaire de cette image peu flatteuse prend désormais le terreau par les cornes. Impliquée en Gambie après le refus de Yahya Jammeh de quitter le pouvoir et en RCA où elle a permis la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et les Groupes armés, c’est désormais en Libye et au Soudan qu’elle veut faire triompher la solidarité et la sagesse africaine damnant le pion aux puissances étrangères dont l’implication dans les affaires du continent a souvent abouti au chaos et à la désolation.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images

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