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Le manioc un aliment de base aux multiple opportunités économiques

26.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
Cultivé en Amérique du sud, en Asie et en Afrique, le manioc est une plante à racine utilisée comme aliment de base pour l’alimentation humaine et animale. Si des millions de tonnes de maniocs sont cultivées dans ces trois continents, c’est surtout en Afrique que l’on trouve de grandes surfaces dédiées à cette culture. Les experts de l’agro business sont unanimes sur les nombreuses opportunités qu’offre la culture de cette plante sur le plan du développement industriel en milieu urbain mais également rural où sa production se fait malheureusement encore de manière artisanale et avec des outils rudimentaires. Les produits dérivés du manioc par leurs variétés ont donné lieu à des échanges commerciaux intercontinentales. L’Afrique dont la production locale reste encore en deca de la demande sur le marché intérieur a pourtant beaucoup à tirer de cette manne que plusieurs considèrent comme le cacao de demain.


SES VERTUS

Le manioc contient plusieurs vertus nutritionnelles. Riche en amidon, en glucide et gluten, sa racine bien qu’énergétique est pauvre en lipide, en vitamine, sels minéraux et protéine. Cette carence en protéine fait de lui un aliment qui devrait être accompagné dans les repas pour une alimentation équilibrée. Dans plusieurs pays africains ses méthodes de préparations traditionnelles (fermentation) diminuent ses valeurs nutritives.

Sur le plan médicinal la consommation des racines du manioc est une solution pour les excès de diarrhées, les maux gastriques et les irritations du colon. Parce qu’il est peu fourni en matière grasses, la consommation des tubercules de manioc est conseillée pour les personnes désireuses de suivre un régime pauvre en matière grasse.

Les feuilles de maniocs tous comme les tubercules présentent de nombreuses valeurs nutritionnelles raison pour laquelle leur consommation est tout aussi conseillée par les nutritionnistes. Riches en protide, elles sont un excellent complément alimentaire lorsqu’elles sont accompagnées des racines ou tubercules.

En Afrique les populations privilégient pour leurs plats les jeunes feuilles non maturées qui se trouvent aux extrémités. Riches en vitamine A importante pour la croissance et la vue et en vitamine C, elles sont aussi de bonnes diététiques qui contribuent à diminuer le taux de sel dans l’organisme. Ces feuilles séchées puis réduites en poudre constituent également un important cicatrisants pour les cas de brulures. Le jus verdâtre issu des feuilles de manioc pillé est efficace pour soulager les personnes souffrant de fièvre. Accompagné du lait concentré, ce jus est prescrit pour les cas d’anémie. De l’avis des médecins, les personnes consommant régulièrement les feuilles de manioc contactent difficilement des maladies tels que le paludisme.

UNE SOLUTION POUR L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE

Robuste et vivace, le manioc est une plante à tubercule qui peut être consommée des feuilles à la racine. De la famille des Euphorbiacées, sa culture se fait en général de 12 à 20 mois, ce qui rend possible une commercialisation en continue. Il présente plusieurs variétés qui diffèrent par leurs aspects morphologiques. S’il est facilement cultivable dans les régions tropicales, le manioc donc la culture résiste également à la sécheresse, se présente comme l’aliment idéal lors des saisons sèches et périodes de famines durant lesquelles se présentent les pénuries alimentaires. Il est donc une solution essentielle pour atteindre l’autosuffisance alimentaire à laquelle aspirent plusieurs pays africains. Cette denrée peut être transformée sous différentes formes à savoir en farine (pour la confection du pain, de la bouillie du couscous), en amidon, en tapioca ou attiéké, en patte pour des beignets et battons de manioc, en cosettes ou granulés.

La transformation du manioc peut aussi donner lieu à des produits industriels tels que l’amidon (important dans l’industrie textile, de la papeterie, pour la fabrication de la colle, des adhésifs, excipient, alcool) le glucose (pour la fabrication de sirop) et la dextrine (pour les confiserie et crème glacées) .Le manioc est également important pour l’industrie automobile car il contribue à la fabrication du bioéthanol (un biocarburant utile pour les moteurs à essence) mais aussi dans l’industries pharmaceutiques pour la fabrication des médicaments. Ces produits industriels sont fortement demandés et font du manioc une véritable mine d’or.

DIFFICULTES LIEES A LA PRODUCTION ET TRANSFORMATION DU MANIOC

La culture du manioc présente un grand potentiel de productivité susceptible de garantir une forte rentabilité sur le plan financier. Cependant, elle peine en Afrique à satisfaire les besoins en consommation des populations et la demande des industriels. Pour bénéficier de cette manne, les agriculteurs africains se heurtent encore à un grand nombre de difficultés liées à la qualité des engrais qu’ils utilisent, à l’usage d’outils de travails rudimentaires (houes, machette …), au manque de mécanisation et de financement lorsque se présente de grands projets. A cela s’ajoute le manque de formations aux pratiques et techniques culturales modernes devant rendre disponibles les volumes souhaités par les marchés internes et externes.

En Afrique Centrale notamment au Cameroun, les producteurs reçoivent très régulièrement des boutures de manioc de la part des partenaires économiques dont la Banque mondiale, pour booster leur production. L’institution de Bretton Wood a également initié dans ce pays, un programme baptisé PIDMA, doté d’un financement de 50 milliards de francs CFA pour propulser la production nationale des denrées comme le manioc, le sorgho et le maïs. En 2015, le gouvernement camerounais a investi 36 millions dans la mise sur pied d’une unité industrielle à Ngoulémakong dans la région du sud, dédiée à la production du tapioca. Malgré ces efforts, beaucoup reste à faire car la production de manioc, demeure encore très faible.

La jeunesse africaine de plus en plus tournée vers l’auto-emploi, notamment dans le monde agro-pastoral a beaucoup à gagner de la culture du manioc qui est une filière qui détient beaucoup d’opportunités et dont les produits dérivés sont en forte demande sur le marché international. Le manioc en zone rurale est généralement cultivés par les femmes pour nourrir leurs familles tandis que les hommes préfèrent s’adonner à des cultures de rente telles que le café et le cacao. Avec les multiples opportunités que présente cet aliment et les campagnes de sensibilisation sur ses différents débouchés la donne pourrait changer donnant lieu à un intérêt grandissant des hommes décidés à investir dans cette culture.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image

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