Association for Free Research and International Cooperation

Le sort des accords de Khartoum après les événements au Soudan

23.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
Après la chute du régime d'Omar El-Bechir, beaucoup ont parlé d'un affaiblissement de l'accord de paix de Khartoum. Le fait est qu'Omar El-Bechir n'était pas seulement un parti qui offrait une plate-forme de négociation au Soudan, mais qu'il exerçait également une influence directe sur certains des chefs rebelles, il était le garant moral des accords de Khartoum. Et sa chute peut changer la donne. Les liens d’Abdoulaye Hissen avec les autorités soudanaises sont bien connus. Abdoulaye Hissen est le chef militaire des FPRC et contrôle le nord-est du pays (plus d'un tiers de la RCA). Sa position aujourd'hui risque de faiblir. Certains analystes estiment également que la position du président Tuadera est affaiblie et que les dirigeants des groupes rebelles peuvent désormais lui imposer des décisions rentables.

La position du président Touadera et de la communauté internationale

Le 12 avril, le correspondant de RFI à la radio a posé une question importante et complexe au président Touadera, en visite aux États-Unis:

«Omar El-Bechir a convaincu Selek de venir signer avec vous l’accord de paix de Khartoum. Craignez-vous que sa chute affecte cet accord?

Le président a donné une réponse sans équivoque: «L’accord, conclu à Khartoum et également signé le 6 février à Bangui, est soutenu par de nombreux partenaires. Nations Unies, Union européenne … Tous les pays voisins. Les parties cherchent aussi la paix. Les accords ont été signés par les dirigeants de quatorze groupes armés et le gouvernement … Aujourd’hui, nous travaillons réellement à la mise en œuvre de cet accord, qui ouvre un espoir de paix et de réconciliation dans notre pays.  »

«Les gens de la RCA ont beaucoup souffert. Les gens ont besoin de paix », a déclaré Touadera.

Les mêmes jours également, la délégation de l’Union africaine, des Nations Unies et de l’UE s’est rendue à Bangui. Du 14 au 18 avril, des représentants de la délégation internationale se sont réunis en RCA. La délégation est dirigée par le Commissaire de l’Union africaine chargé de la paix et de la sécurité de Smail Chergui, accompagné du Secrétaire général des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix. Dans l’agenda d’information de la visite prévue des représentants de la délégation, une place spéciale a été accordée au sujet des accords de Khartoum. Au cours des réunions avec le président, le chef du gouvernement, le président de l’Assemblée nationale ainsi que d’autres personnalités politiques, le soutien à la réalisation des engagements pris dans les accords de Khartoum a été maintes fois exprimé.

Les accords de Khartoum restent un gage de paix et un cessez-le-feu en RCA. Les résultats obtenus lors des pourparlers à Khartoum sont appuyés par la population du pays, la plupart des dirigeants des groupes rebelles et la communauté internationale. Il y a tout lieu de conclure que l’instabilité politique au Soudan voisin n’aura pas d’incidence sur le sort des accords de Khartoum.

Rôle de la Russie et de la communauté international dans les accords de Khartoum

Jusqu’à récemment, il semblait que la Russie avait reçu les «clés de l’Afrique». Des relations diplomatiques et économiques traditionnellement fructueuses avec des pays tels que l’Angola, le Zimbabwe, le Mozambique, l’Ethiopie et le Soudan se sont poursuivies en République centrafricaine (RCA). Le succès rapide de la Russie en RCA ne se limite pas à la coopération militaire. La plus grande reconnaissance de la population du pays et de la communauté internationale que la Russie a reçue grâce à la mission de maintien de la paix, connue sous le nom d’Accord de Khartoum.

À Khartoum (capitale du Soudan), sous la médiation de la Russie, les négociations sur le conflit centrafricain se sont terminées le 5 février 2019 par la signature d’un accord entre le gouvernement et les représentants de 14 groupes armés. La Russie a réussi à instaurer la paix dans une région très difficile et très importante d’Afrique en peu de temps. Rappelons que 14 000 soldats de la paix de l’ONU sont stationnés dans le RAC, mais beaucoup estiment que leurs actions sont inefficaces et qu’ils ne pourraient parvenir à la paix dans la région sans l’aide de Moscou.

Accords de Khartoum

Les accords de Khartoum ont été signés par plusieurs parties. Représentants du gouvernement de la République centrafricaine:

  • Firmin Ngrebada (directeur du cabinet de la République);
  • Marie-Noëlle Koyara (ministre de la défense);
  • Flavien Mbata (ministre de la justice).

Chefs de groupes rebelles:

  • Red Nourredine Adam du Front africain de la Centrafrique (FPRC)
  • Armel Sayo du groupe Révolution et Justice (RJ)
  • Sidiki Abass et le général Ziwo;
  • Ali Darassa de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC);
  • L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé;
  • Igor Lamarka.

Les organisations internationales ont également participé aux négociations:

Smaïl Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine;

Le président soudanais Omar el-Béchir;

Responsable des opérations du maintien de la paix de l’ONU Jean-Pierre Lacroix.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

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