Association for Free Research and International Cooperation

La culture frein ou porteur de développement?

16.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
La culture dans son sens le plus explicit désigne un ensemble de caractéristiques distinctes, spirituels, intellectuels, matériels et affectifs spécifiques d’un groupe social ou d’une société qui regroupe les modes de vie, de penser, des us, coutumes et croyances mais également les arts et les lettres. Dans le contexte africain, le concept de culture se heurte souvent à une définition erronée qui le présente comme le contraire de tout ce qui est moderne ou qui a trait à l’évolution. Vu sous cet angle, la culture est perçue par certains comme un frein au développement et à l’émancipation.

Il est souvent reproché aux africains de délaisser leur culture pour embrasser celle des autres. Notamment sur le plan vestimentaire, musicale et même des mœurs. La vulgarisation des nouvelles technologies, internet, et les médias …ont fait du style de vie occidental un model que cherche à copier de nombreuse sociétés. Pourtant l’on a coutume de dire que la culture d’un peuple est le reflet de son identité et qu’un peuple sans culture est un peuple sans âme. La culture ne s’aurait donc être abandonnée au profit de l’industrialisation, des innovations scientifiques et technologiques. Les sociétés africaines devraient plutôt s’atteler à mieux exploiter leurs richesses cultuelles en les arrimant à la modernité pour en faire de véritables richesses, voir des moteurs de développement. Mais cela passe vraisemblablement par une prise de conscience de ce que peut apporter la culture à un Etat et des moyens spécifiques pouvant contribuer à faire d’elle un levier de croissance pour le développement.

 

LA CULTURE POUR LA PROMOTION DE LA CREATION D’EMPLOI

La mondialisation a fait du monde, un village planétaire où chaque pays est appelé à présenter  sur la place du commerce international ce qu’il a de plus spécifique .Dans un monde dominé par la concurrence , valoriser son patrimoine  est un atout pour sortir du lot .La culture sous ses différentes formes que son l’art musical et scénique , l’artisanat , le textile, l’art culinaire  représente un secteur économique promoteur qui peut contribuer à rentabiliser le secteur économique africain  actuel et contribuer à la lutte contre la pauvreté , la création d’emplois  et l’innovation . Sur le plan social il facilite la cohésion sociale et l’identité nationale.

La mode vestimentaire africaine fait partie des secteurs qui ont le vent en poupe en Afrique et en Europe car valorisée par de nombreuses célébrités d’origine africaine du monde du cinéma et de la musique. Cette tendance du recours au design « made in Africa » a poussé plusieurs jeunes couturiers du continent à se lancer dans une carrière de créateur en surfant sur cette vague d’identité culturelle pour lancer sur le marché des tendances qui mettent en avant l’authenticité et la beauté de l’art textile africain. Ce retour aux sources se fait également ressentir dans le domaine de l’immobilier avec le recours aux meubles en rotin et en Bambou.

Au Nigeria, l’industrie cinématographique a réussi à se faire une place de choix au point de devenir une véritable mine d’or qui génère des centaines de millions de dollars par an et contribue à la promotion de la culture nigériane à travers le monde. Dans un pays où l’économie dépend essentiellement du pétrole et de l’agriculture, l’industrie cinématographique baptisée Nollywood qui emploie près d’un million de personnes est devenue la deuxième source d’emplois au Nigeria.

La musique, l’art textile et culinaire, le cinéma sont autant de domaines qui peuvent permettre à de nombreux jeunes n’ayant pu faire carrière dans l’administration, la médecine ou le droit, de s’épanouir en faisant valoir leur savoir-faire.

NECESSITE D’UN POLITIQUE POUR LA PROMOTION DE LA CULTURE

Pour qu’elle devienne un levier de développement, la culture doit être intégrée dans les programmes politiques.  L’UNESCO recommande aux Etats africains qui ont un fort potentiel culturel d’investir dans la création et la formation des métiers liés à l’artisanat.  Dans de nombreux pays du continent, ce secteur est Considéré à tort comme une voie de garage pour des laisser pour compte. Il existe peu de structures adaptées qui permettent une formation de haut niveau pouvant permettre aux jeunes désireux de faire carrière dans ce domaine de se perfectionner. Les centres d’apprentissage existantes proposent des formations de basse qualité.

Le gouvernement camerounais qui semble avoir pris conscience de l’impact du cinéma dans la société actuelle avec l’émergence de cette industrie rentable au Nigeria voisin, a introduit cette année dans le programme scolaire des lycées une série consacrée à l’art cinématographique. Elle est composée de 07 matières dont la sociologie du cinéma, les fondamentaux du cinéma, les genres cinématographiques, les analyses filmiques et le processus de réalisation entre autres.

En Europe plus précisément en France, une attention particulière est accordée à l’artisanat qui représente à lui seul 25 % de l’économie.  3,1 millions de personnes travaillent de manière active dans ce secteur considéré comme l’un des plus dynamiques du pays et qui a donné lieu à la création de près de 250 métiers qui génèrent pour des jeunes diplômés et qualifiés une diversité d’opportunités d’emplois. Dans ce secteur, on compte entre autres des carreleurs, des designers céramiques, des fleuristes, des sculpteurs, des ébénistes, des horlogers, des diamantaires, des tapissiers, des joailliers et décorateurs de théâtre. On estime à près de 6 milliards d’euros les recettes générées chaque année par ces artisans qui contribuent grâce à leur savoir-faire au rayonnement mondial de la culture française et dont la clientèle se compte dans les quatre coins de la terre.

Le cas de la France permet d’arriver à la conclusion selon laquelle promouvoir les industries culturelles en mettant sur pied un cadre structurel institutionnel et organisationnel ainsi qu’une politique promotionnelle est une école à laquelle doivent se mettre bon nombre de pays africains confrontés à des défis économiques considérables. Des financements et un meilleur encadrement de ce secteur pourraient encourager des jeunes désireux de faire carrière dans les arts plastiques, la musique, le théâtre, la littérature, la danse et autre à s’engager dans une carrière artistique sans être gagnés par la peur d’un avenir précaire et incertain.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

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