Association for Free Research and International Cooperation

Africa Radio: quand Africa n°1 se réinvente

11.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
Depuis de nombreuses années, Africa numéro 1 .accablée par de nombreuses difficultés, était dans la tourmente. Cette radio panafricaine qui jadis, faisait la fierté de ses auditeurs, tente désormais de revenir au-devant de la scène. Avec pour nom Africa Radio, la station a obtenu une nouvelle licence en FM en Afrique de l’ouest et l’autre en Afrique centrale. A terme, le groupe Africa Radio entend couvrir des métropoles africaines telles que Dakar, Ouagadougou, Yaoundé et Douala.

En 1974, Omar Bongo Ondimba   décide de doter son pays d’une station radio de grande puissance, via les ondes courtes. Les autorités du Gabon  finiront par choisir la ville de Moyabi,  située à 600 kms au sud de Libreville pour les infrastructures techniques. Des 1979, le centre de Moyabi  deviendra opérationnel ce qui a permis au  projet Africa n°1 de décoller. Quand les premiers essais furent effectués, les auditeurs pouvaient recevoir des informations  aux quatre coins du monde, depuis Libreville. Le rêve d’être informé sur l’Afrique par les Africains sur une radio africaine devient  ainsi une réalité. En 1981, le Gabon s’associe au holding français Sofirad et en l’espace de quelques années, la radio parviendra à fidéliser plus de 20 millions d’auditeurs. En 1991, après avoir été soutenue financièrement pendant près de dix ans par le gouvernement gabonais, Africa numéro 1, est en mesure de dégager des bénéfices. A travers la location de ses émetteurs à des concurrents comme RFI, Radio Suisse Internationale ou le diffuseur japonais, la radio panafricaine engrange des versements plus importants  que ceux générés par la  publicité. Par le biais des accords, RFI est relayé  par Africa N°1 durant  quatre heures par jour au début. Par la suite, en 1984, le temps  passe  à onze heures pour la radio émettant depuis Paris. La radio japonaise NHK  loue  également six heures par jour les antennes de Moyabi. Avec ses  installations de Moyabi, Africa N°1 connait un succès fulgurant et les sondages réalisés montrent que la radio a plus d’audience en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique Centrale.

En 2002, la société française Sofirad  décide de suspendre son partenariat  avec le média gabonais.  Suite à l’interruption du partenariat avec le holding français, la radio va connaître une descente aux enfers. Abandonné par son partenaire français, le gouvernement gabonais se retrouve seul à assurer le fonctionnement d’Africa n°1 jusqu’à l’arrivée d’un nouvel actionnaire. Déstabilisée par cette situation, la radio finira par réduire son effectif de moitié. Sur le plan  économique, la stratégie  d’Africa n°1 montrera ses limites au début des années 90. A cette époque, l’ouverture du paysage audiovisuel dans la plupart des pays d’Afrique francophone  entraîne une course aux fréquences. Dans ce contexte, l’intérêt pour la  diffusion en ondes courtes diminue, une situation qui aura de lourdes conséquences pour les affaires de la station gabonaise. Les radios concurrentes cherchant à obtenir leur propre fréquence en FM, Africa n°1 perdra une importante source de revenus car  ses installations en onde  courtes n’étaient plus attrayantes. Ce changement dans les habitudes d’écoute de la radio,  en plus de la forte compétition sur la bande FM, explique en partie, pourquoi  Africa n°1  est tombé de son piédestal.

Dès 2006, la Libye entre au capital de la radio gabonaise par le biais de la Libyan Jamahirya Broadcasting, avec 52 % des parts. A l’arrivée des partenaires libyens, il ya une lueur d’espoir concernant le redécollage de la radio. Le 28 avril 2010, lors du conseil d’administration    d’Africa n°1, les libyens annoncent un plan de développement triennal assorti d’une mise de fonds de 4,82 milliards de francs CFA. Ces fonds sont destinés à renforcer les effectifs de la station et à réhabiliter le réseau de diffusion. Fort de l’appui des partenaires libyens, les responsables du ministère de la communication avaient même annoncé le lancement d’une chaîne de télévision Africa n°1.                                                J’jusqu’en octobre 2010, toutes ces annonces ne verront pas le jour à part le lancement d’une nouvelle fréquence à Tripoli. En dépit des belles promesses, Africa n°1 continue d’être à la traîne  dans la plupart des capitales africaines alors qu’autrefois, elle écrasait tous ces concurrents.

Avec l’obtention de deux fréquences cette année, en Côte d’Ivoire et au Congo, Africa n°1  espère tourner  une des pages les plus sombres de son histoire.  A Abidjan, la radio émet désormais sur la fréquence FM 91.1, tandis qu’à Brazzaville, elle exploite la fréquence 94.5 FM. A l’avenir, il est prévu que la capitale ivoirienne serve de socle à la  radio panafricaine  qui souhaite raviver les souvenirs oubliés  d’Africa n°1  dans l’esprit des auditeurs africains.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image: google image 

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