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Battre monnaie : le rêve de Mark Zuckerberg

10.04.2019
Article e la rédaction AFRIC
Alors que l’on observe actuellement une montée farouche des attaques contre le franc CFA en Afrique, les pays africains à l’instar du reste du monde ont appris que Facebook travallerait à la creation de sa crypto-monnaie. Ce projet monétaire est-il promis à un bel avenir?

Si pour l’heure, les États ont le privilège de battre la monnaie, il convient de reconnaitre que tous les pays n’ont pas ce privilège. A ce sujet, l’activiste franco-béninois , Kémi Séba déclarait : «Au XXIe siècle, chaque peuple a le droit de posséder sa propre monnaie» .

Kémi Séba qui se définit comme résistant africain et penseur panafricaniste martèle :  «Aucun avenir politique ne peut se décider sans une emprise totale sur son économie. La Banque de France a le droit de dire si oui ou non elle est d’accord par rapport aux décisions économiques que nous prenons! »  Pour l’activiste qui s’est récemement fait expulser de Côte d’Ivoire, c’est la preuve que le franc CFA est une monnaie caduque, d’esclavagisme et de soumission. De fait, si la France ne taxe pas les pays africains pour l’utilisation de cette monnaie, elle impose toutefois aux pays de conserver 50 % de l’ensemble des réserves de change auprès du Trésor français.Ceci fait dire à certains que le  franc CFA facilitent les investissements d’entreprises françaises en Afrique et permet de maintenir  des avantages dans les zones où , la France a beaucoup d’intérêts économiques et de liens commerciaux. Sur la base de ce constat, plusieurs analystes ne manquent pas de dénoncer le rôle  de facteurs exogènes tels que la monnaie comme outil de domination et de  maintien dans le sous développement de l’Afrique . De nombreux observateurs  estiment  quant à eux que le franc CFA tel quil a été conçu,limite les leviers économiques que les pays africains peuvent utiliser  pour  contribuer à leur mieuxêtre.

Si pour l’heure, les discussions autour de la  souveraineté monétaire du continent sont tendues et houleuses, ceci n’empêche pas Facebook de continuer à oeuvrer à la création de sa propre cryptomonnaie. Il faut dire que si le projet de  Facebook connait  un tel engouement, c’est parce qu’il engrange essentiellement de nouveaux abonnés en Afrique et en Asie. D’après plusieurs tabloïds américains, Facebook pourrait  profiter de cet avantage en  créant  la surprise dès cet été.  Le New York Times révèle que le réseau social de Mark Zuckerberg  aurait  tellement avancé sur son projet de monnaie que celle-ci devrait voir le jour sous peu. En décembre  dernier,  le média Bloomberg  annonçait  que la monnaie numérique de Facebook serait basée sur la blockchain et que le réseau social vise tout d’abord  l’Inde en raison des 480 millions d’Indiens connectés à internet. Toutefois, il ne s’agit pas de la première tentative du réseau social bleu dans le secteur de la cryptomonnaie.  En 2010, Facebook avait  créer une monnaie virtuelle appelée  crédits Facebook. A l’époque, les utilisateurs devaient payer d’avance ces pièces virtuelles par le biais de leur  monnaie nationale, avant d’utiliser ces crédits pour les achats sur l’application. A l’époque, l’entreprise américaine exigeait qu’un utilisateur paie d’avance au moyen d’une carte de débit ou de crédit. Cependant, le principal problème était que Facebook devait supporter le coût des échanges,  ce qui devait produire à long terme, un impact négatif surtout lorsqu’il fallait comptabiliser  de gros volumes de transactions de faible valeur.  Facebook  aurait également pris des mesures pour éviter  les problèmes que rencontrent  les cryptomonnaies décentralisées.  La firme de Menlo Park compte aussi se démarquer de la concurrence. Le chanteur sénégalais Akon a par exemple  procédé au lancement  de Akoin,  sa cryptomonnaie destinée à booster les économies africaines.

Signal, un service de messagerie chiffré,travaille pour sa part à l’élaboration  de sa propre monnaie électronique . De son côté,Telegram, qui compte environ 300 millions d’utilisateurs dans le monde, avance également sur un projet de  monnaie numérique. N’oublions pas non plus le coréen Kakao et le japonais Line qui  proposent déjà des services axés sur des monnaies dématérialisées. En début d’année, le réseau social américain qui a  fêté ses 15 ans  semble  en pleine forme, si on s’en tient aux chiffres de sa croissance. Avec 2,32 milliards d’utilisateurs mensuels actifs de par le monde et 1,52 milliard d’utilisateurs actifs  chaque jour, Facebook poursuit une  ascension mondiale qui ne se dément pas. Pour autant,les critiques ne manquent pas  . En effet,  l’entreprise au logo bleu est acusée de légèreté face à la sécurité des données, d’oeuvrer à la  diffusion de fausses nouvelles, de mener des pratiques d’évasion fiscale, et d’influencer des élections au Nigéria, Kenya et en Afrique du sud.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images.

 

 

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