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Le gouvernement camerounais réfute le rapport de Human Right Watch qui accuse son armée d’exactions

05.04.2019
Article de la rédaction AFRIC
Dans son traditionnel rapport annuel sur le respect des droits de l’Homme dans le monde, Human Right Watch (HWR) s’est montré très critique envers le Cameroun. L’ONG a recensé de nombreux cas de violations des droits de l’Homme commises par les forces camerounaises mais aussi les séparatistes da la partie anglophone du pays. Le gouvernement camerounais de son côté dénonce ce rapport qu’il qualifie « d’allégation ».

Le torchon brûle entre Human Right Watch et l’État camerounais au sujet du chapitre de ce rapport consacré au pays de Paul Biya. L’organisation de lutte pour les droits de l’Homme rappelle que l’année dernière, le Cameroun a été le théâtre de violences et d’exactions qui ont occasionné de nombreuses violations des droits de l’Homme. Ces violences sont dues aux opérations militaires de lutte contre l’insurrection sécessionniste des deux parties anglophones mais aussi des attaques perpétrées par les islamistes de Boko Haram dans l’Extrême Nord du Cameroun. Forces gouvernementales, séparatistes anglophones et islamistes sont donc  renvoyés dos à dos. Pour HWR, « dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, les forces de sécurité gouvernementales ont commis des exécutions extrajudiciaires, incendié des biens, procédé à des arrestations arbitraires et torturé des détenus ». Toujours selon l’ONG, en 2016 et 2017, les forces de sécurité gouvernementales ont fait un usage excessif de la force pour réprimer des manifestations en grande partie pacifiques organisées par des membres de la minorité anglophone du pays qui réclamaient une plus grande autonomie pour leur région. Lors de manifestations de fin 2017, les forces gouvernementales ont tiré à balles réelles, y compris à partir d’hélicoptères, tuant au moins douze personnes et en blessant des dizaines. Certains individus détenus dans le cadre de ces manifestations ont subi des actes de torture et des mauvais traitements, affirme HRW dans son rapport. Elle cite aussi en exemple des assassinats de personnes soupçonnées de complicité avec les séparatistes ou encore l’exécution  de femmes et d’enfants par des hommes en tenue militaire dans l’Extrême nord.

Ce dernier cas a d’ailleurs été filmé et publié sur les réseaux sociaux. Dans un premier cas, les autorités camerounaises ont parlé de vidéo truquée avant de rétropédaler après qu’une enquête d’Amnesty International a démontré son authenticité. Yaoundé avait par la suite annoncé l’arrestation de six militaires qui apparaissaient dans la vidéo.  En outre, le rapport précise que « si le gouvernement a maintes fois promis d’enquêter sur les crimes commis par les forces de sécurité, il ne l’a pas fait de manière transparente ou systématique. »  Des agents du gouvernement interrogés par HRW, ont affirmé que s’ils menaient effectivement des enquêtes, ils ne voulaient pas les rendre publique afin de ne pas saper le moral des troupes gouvernementales. Ce qui fait dire à l’ONG des droits de l’Homme que « le manque manifeste d’obligation de rendre des comptes semble avoir alimenté la commission d’exactions telles que des incendies criminels et des actes de torture, au lieu d’y mettre un terme ».

Les autorités camerounaises ne sont pas les seules à être épinglées par le rapport de HRW. En effet, l’ONG fait part aussi d’exactions et de violations des droits de l’Homme commises par les séparatistes de la partie anglophone. Ces séparatistes ont attaqué et incendié des dizaines d’écoles, menacé des enseignants, des élèves et des parents, enlevé des chefs d’établissement et attaqué violemment des enseignants et des élèves. Le rapport cite en exemple l’attaque du dortoir d’un  lycée à Widikum, dans la région du Nord-Ouest. Attaque au cours de laquelle un élève a été abattu. Ce ne sont pas les seuls cas dénoncés.

 Yaoundé dénonce des allégations de la part de HRW

Au cours d’un point de presse en début de semaine, le ministre camerounais de la communication René Sadi  a réfuté ce rapport de l’ONG de défenses des droits de l’Homme.   « Le Gouvernement Camerounais rejette catégoriquement ces accusations, portées inconsidérément contre des Forces Républicaines, engagées dans un combat pour la préservation de l’intégrité territoriale de l’État et la protection des personnes et des biens, dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et ce, conformément à leurs obligations régaliennes, dans le strict respect des conventions internationales en matière des droits de l’Homme, et parfaitement conscientes de leur responsabilité » a déclaré le porte-parole du gouvernement camerounais.

Selon lui, le rapport de HWR est une trahison et un parti pris en faveur des bandes armées  « en minorant la responsabilité de ces groupes dans les atrocités perpétrées dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. » D’après  le gouvernement camerounais, il est absolument inconséquent et malsain de vouloir mettre sur un pied d’égalité les forces gouvernementales qui incarnent la puissance publique faisant  usage légitime  de la force, et des hors-la-loi, qui usent illégalement de la force à des fins destructrices, malveillantes et nuisibles. Pour les autorités camerounaises, plutôt que d’accuser l’armée, ce sont plutôt les séparatistes qu’il faut condamner et appelle HRW ainsi que les autres organisations humanitaires à plus d’objectivité.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images

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