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Expulsé de Côte d’Ivoire, Kemi Seba ne compte pas en rester là

30.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Il n’est pas bon ces jours d’être un défenseur de la cause noire en Côte d’Ivoire. L’activiste panafricain Kemi Seba n’est pas en odeur de sainteté dans ce pays où son séjour a été abrégé juste 72 heures après son arrivée. La nouvelle fait les choux gras de la presse, mais avec le franc parlé qu’on lui connaît, le militant anticolonialiste soutient que cette expulsion, qui n’est d’ailleurs pas la première en Afrique de l’ouest, l’a rendu encore plus fort.

En arrivant le 23 mars 2019 à Abidjan pour organiser des rassemblements pacifiques contre le néocolonialisme, Kemi Seba, assurait s’être déplacé en terre ivoirienne dans un esprit de paix. Le point focal de son passage était notamment un grand meeting prévu ce dimanche à Yopougon, le fief des partisans de Laurent Gbagbo et durant lequel devait être évoqués des sujets brulants dont la fameuse question du franc CFA, monnaie coloniale, dont le président Alassane Ouattara s’est fait ces derniers temps le fervent défenseur.

Bien avant ce grand rendez-vous crucial, l’activiste béninois a pu s’entretenir avec le chanteur Alpha Blondy. Une autre rencontre était prévue le 26 mars avec l’ex première dame ivoirienne Simone Gbagbo. Cette dernière n’aura malheureusement pas lieu, les autorités ivoiriennes ne lui ayant pas donné le temps de se familiariser avec le milieu. Incarcérant d’abord ses proches dont Hery Djehuty, le coordinateur stratégique de l’ONG Urgences panafricaniste et Aka le secrétaire général de la branche ivoirienne de l’organisation, elles ont lancé un mandat d’arrêt contre lui, ce qui l’a contraint de se rendre dans les heures qui ont suivi dans les locaux de la direction de la Surveillance du Territoire (DST).Expulsé plus tard sous ordre du Ministre de l’Intérieur M. Saka Lafia, c’est finalement de manière prématurée qu’a pris fin son séjour en Côte d’Ivoire.

EXPULSION POUR « RISQUE DE TROUBLES « 

Les autorités ivoiriennes précisent avoir procédé à l’expulsion de Kemi Seba dans l’unique but de préserver l’ordre public. En effet mercredi 27 mars au lendemain de son départ, le porte-parole du gouvernement Sidi Tiémoko Touré, lors d’un point de presse tenu à la suite d’un conseil des ministres, indiquait que cette expulsion n’était en effet qu’une mesure de prévention des autorités à qui il a été rapporté des risques potentiels de troubles en rapport aux activités figurant dans l’agenda de Kemi Seba pendant son séjour dans la capitale ivoirienne.  De retour au Benin, à sa descente d’avion, il a fait l’objet d’une nouvelle arrestation à Cotonou, cette fois par les éléments de la police béninoise qui l’ont conduit dans les locaux de la DRT où il a été relâché 24 heures plus tard sur instruction du ministre béninois de l’intérieur Sacca Lafia.

Sur sa page Facebook, l’auteur de « l’Afrique libre ou la mort » révèle avoir reçu de ce dernier des menaces portant sur des mesures contraignantes visant à réduire son périmètre d’action et ses libertés individuelles au Benin. Relâché, le président de l’ONG Urgence Panafricaniste ne compte pas en rester là ! Il évoque entre autre, la décision de porter plainte contre le ministre béninois de l’intérieur et les autorités ivoiriennes pour son expulsion aux motif

PLAINTES CONTRE LES AUTORITÉS IVOIRIENNES  

Dans son intention de réclamer justice pour le préjudice dont il dit avoir été victime, Kemi Seba a décidé de porter plainte par l’entremise d’un collège d’avocats panafricanistes venant de toute l’Afrique francophone. Loin de se laisser intimider par les ressens évènements, il précise être plus que jamais motivé et déterminé à continuer son combat néocolonialiste. Sans faire dans la langue de bois il fustige dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le régime du président Alassane Ouattara qu’il qualifie sans ménagement de dictatorial, totalitaire et soumis aux intérêts français. Le retour à Cotonou contre son gré via Air Côte d’Ivoire n’est selon lui qu’un manifeste des autorités ouattaristes ayant agis sous l’influence directe de l’oligarchie française. Un geste lâche qui prouve néanmoins que les idéaux véhiculés par son mouvement donnent des sueurs froides à une certaine classe politique ivoirienne encore soumise au dictat de Paris et qui de surcroît a dû faire usage de moyens illégaux pour empêcher la tenue de son meeting en Côte d’Ivoire.

Pour justifier son intention de porter plainte, Kemi Seba révèle avoir demandé à voir un avocat durant sa garde à vue à la DST de Cote d’Ivoire, chose qui lui a été refusé par le commissaire NAMAURY FOFANA. Autre fait mentionné, son expulsion sans que ne lui ait été donné un préavis. Il fait également mention des menaces et paroles d’intimidation proférés par le ministre béninois de l’intérieur au cas ou ses activités venaient à déranger les partenaires économiques du gouvernement que sont la Côte d’Ivoire et la France. Ces derniers n’ont donc qu’a bien se tenir car la donne a changé, selon l’analyste politique qui rappelle qu’on ne le menace pas!

Accueilli en Décembre dernier en RCA où son mouvement est allé sensibiliser la population centrafricaine sur une réelle prise de conscience pour le développement de leur pays, Kemi Seba a pu organiser ses activités malgré quelques incidents attribués à l’ingérence de l’ambassade de France à Bangui. Ce voyage en Centrafrique, inscrit dans l’initiative de sa tournée africaine pour le procès de la Francafrique était la deuxième étape d’un périple qui a commencé au Burkina Faso, terre natale du révolutionnaire et panafricaniste Thomas Sankara. L’initiative selon son mouvement Urgence Panafricaniste, vise à exposer les crimes et les exactions économiques, physiques, politiques et culturels commis pas la Francafrique sur le continent noir. Pour mener à bien ce combat l’activiste, militant de la cause noire, appelle à la mobilisation de la société civile africaine et de la diaspora, une mutualisation des forces qui contribuera à briser les verrous de l’asservissement néocolonialiste dont sont encore victimes les peuples noirs d’Afrique.

Si à cause de son combat il est devenu « persona non grata » dans certaines capitales d’Afrique francophone, cette lutte, lui vaut également l’admiration d’une jeunesse africaine en manque de repère qui semble avoir trouver en lui la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/page Fb Urgences Panafricanistes

 

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