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Réseaux sociaux : De l’information à la désinformation

28.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Avec la propagation des « fake news » les réseaux sociaux, tels que Facebook, twitter, WhatsApp utilisés au début comme des plateformes de liberté d'expression, sont devenus au fil des ans, de dangereux canaux par excellence de propagation et diffusion de fausses nouvelles. Destinées à crée le buzz, la peur, le sensationnel, à extorquer ou influencer l’opinion publique, ces fausses informations véhiculées à longueur de journée et qui trouvent leur épanouissement dans la russe, ont fini par faire de la toile le lieu le moins sure pour obtenir une information dont l’authenticité et la véracité ne sont pas mis en cause.

Le phénomène des « fake news » prend de l’ampleur. Gouvernements, Etats, personnalités publiques, citoyens lambda, personne n’est à l’abris des dangers que représentent ces informations détournées diffusées par les médias en ligne. Semant la confusion, l’ire, la diversion, le doute ou faisant usage de harcèlement, le trop-plein de désinformation que l’on retrouve sur la toile inquiète au plus haut point et suscite de nombreuses interrogations notamment sur ce qui n’a pas marché pour que ces canaux d’information auparavant porte-voix des aspirations démocratiques à travers la planète, se transforment du jour au lendemain en ennemi de la démocratie, voir de la vérité.

LES RESEAUX SOCIAUX À L’ORIGINE DE NOMBREUX CHANGEMENTS

L’influence des réseaux sociaux a été révolutionnaire dans le monde. Ils ont réussi à mobiliser des foules pour des causes politiques et sociales. En 2011, le printemps arabe prend une ampleur considérable grâce aux medias sociaux. Réussissant à contourner les médias officiels qui ne diffusaient pas les images réelles de se qui se passait dans la rue, les blogueurs, journalistes et militants ont permis grâce à leurs plateformes à plusieurs citoyens de prendre connaissance des réalités sur le terrain. En Egypte, en Tunisie, en Lybie et en Syrie, Facebook et Twitter, ont permis d’organiser des regroupements et de véhiculer des messages de soutient aux manifestants. En Tunisie et en Egypte, le rôle d’internet a été déterminant dans la chute des anciens présidents Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak.

En Amérique latine, la réactivité liée à l’usage des médias sociaux, a également été cruciale pour mobiliser et organiser les contestations sociales. C’est elle qui a alimenté les manifestations de juin 2013 au Brésil, contre la flambée des prix dans les transports publics et la facture de la coupe du monde de football de 2014. Le monde virtuel a aussi contribué en Argentine à la dynamisation en 2016 des manifestations contre les violences faites aux femmes. Grace aux réseaux sociaux, le collectif « Ni una menos » qui signifie en français « Pas une de plus » a pu mobiliser sur le plan national et international des milliers de militants féministes et plusieurs associations de défense des droits de la femme. Le mouvement grâce à cette plateforme a pu atteindre des personnes qu’elle n’aurait pas pu de manière directe.

LES RESEAUX SOCIAUX : OUTILS DE CONTROLE SOCIAL

Si le monde virtuel à donné lieu à la création de nombreuses plateformes qui sont devenus des espaces d’échanges et de liberté d’expression, il suscite aujourd’hui des inquiétudes, car il s’est par la suite transformé en un outil de contrôle sociale ouvert à la propagande de fake news. Plusieurs hommes politiques ou personnalités influentes du monde du cinéma du sport ou de la musique ont été annoncés pour mort sur le web. Des blagues de très mauvais goûts parfois véhiculées par le piratage de comptes personnels ou officiels. En 2011 un compte de la chaine de télévision américaine Fox news piraté faisait part de l’assassinat de Barack Obama.

Selon la psychologue Vanessa Lalo, spécialiste de l’utilisation du numérique, les auteurs de ces canulars véhiculés sur internet, ne sont dans la plupart des cas qu’à la quête d’une veine gloire, celle d’avoir la primeur d’une information qui sera relayée par la suite par de nombreux internautes. Aujourd’hui l’usage des réseaux sociaux pour des fins iconoclastes est également l’apanache des gouvernements accusés de créer des informations pour influencer l’opinion publique. Ce contrôle des masses par les gouvernements via les medias sociaux, a été pointé du doigt à la suite des révélations de Facebook et Twitter sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle via le financement de message sur la toile.

Avec des millions d’abonnés à travers le monde, les réseaux sociaux sont un moyen incontournable pour partager une information et atteindre le plus grand nombre de personne possible. Mais la propagation de fausses informations dont ils sont aussi vecteurs ouvrent la voie à de nombreuse interrogations. Notamment chez les politiques qui exigent que des mesures soient prises pour réguler ce secteur.

En attendant que les géants du net trouvent des solutions efficaces pour détecter rapidement les fausses informations véhiculées sur la toile, en Ouganda le gouvernement a opté pour une taxe sur les réseaux sociaux et en Tanzanie les blogueurs sont désormais sommés de payer une somme de 2 millions de shillings, soit 750 euros pour ouvrir un blog. Du coté de l’occident où des inquiétudes demeurent également, l’Allemagne a adopté une loi obligeant les réseaux sociaux à supprimer des contenus désagréables sous peine d’amande. En France l’Etat préconise l’adoption d’une loi pénalisant les fake news en période de campagne électorale.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google images

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