Association for Free Research and International Cooperation

L’immigration choisie encouragée par les pays occidentaux

27.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Les politiques occidentales en matière d’immigration changent de plus en plus ces dernières années. Les pays occidentaux préfèrent choisir en fonction des compétences qui a le droit de rester.

Ingénieurs, techniciens, médecins, sportifs… nombreux sont-ils à être attirés par les pays occidentaux en raison de leur qualification et de leur compétence. Plutôt que d’accueillir ceux qui n’ont « rien à faire » dans les pays occidentaux, ces derniers sélectionnent sur différents critères les ressortissants africains à même d’apporter un plus en matière d’économie ou de développement.  Les étudiants étrangers  les plus brillants se voient proposer à l’issue de leurs études des contrats juteux pour les maintenir sur place plutôt que de les laisser rentrer dans leur pays pour participer au développement. D’autres encore se voient proposer d’être naturalisés pour exercer en toute tranquillité et éviter ainsi les galères d’obtention des titres de séjour.  Toujours dans cette optique d’attirer des talents, la France propose depuis 2007, une carte de séjour « compétence et talent » destinée à attirer les immigrés qualifiés dont « le talent constitue un atout pour le développement et le rayonnement de la France« .

C’est ce qui a été appelé l’immigration choisie. Beaucoup de pays la pratique : le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud par exemple. Au temps où il était ministre de l’intérieur, l’ancien président français Nicolas Sarkozy a donné le ton ; plutôt que de « subir » l’immigration, il voudrait la choisir. Il s’agissait pour lui d’attirer les compétences rares, les personnes hautement qualifiés, informaticiens, experts en biotechnologie, scientifiques. Il proposait notamment d’accorder des visas pluriannuels aux étudiants qui choisissaient des filières rares. La France a donc mis en place en 2006  une loi qui consiste  à ne laisser entrer que les migrants considérés comme nécessaires à l’économie du pays.

L’octroi des visas est très sélectif  

Le filtrage commence dès le pays de départ avec tout un arsenal de conditions à remplir. Ces conditions vont des justificatifs de ressources conséquentes aux contrats de travail pour ceux qui émigrent pour occuper une fonction sans oublier des preuves d’un logement sur place. Pour les étudiants par exemple, il faut justifier d’une somme d’au moins 650 € mensuel et d’autres diverses autres conditions pour espérer obtenir le visa. Une liste de métiers ouverts aux étrangers non-­européens a été établie. C’est dans cette optique et certainement pour faire face au manque de médecins dans les campagnes que la France va «  faire son marché » sur le continent africain. Selon un atlas édité par le  Conseil national de l’ordre des médecins français, « 22,2% des médecins étrangers exerçant en France sont des diplômés d’Algérie, 5,8 % viennent du Maroc, 2,5 % de Tunisie et 1 % d’Égypte, soit environ 31,5 % d’origine maghrébine. »  Toujours selon cet atlas, « le Maghreb à lui seul comprend plus des deux tiers des médecins disposant d’un diplôme extra-européen. Plus généralement, la majorité de ces médecins sont des Africains ou originaires du continent (plus de 62,6 %). Parmi les dix premières nationalités figurent, en plus des diplômés des pays du Maghreb, ceux de Madagascar et du Sénégal »

L’Allemagne aussi a emboité le pas à la France puisqu’en fin d’année dernière, le gouvernement a adopté  une loi pour gérer l’arrivée  de la main d’œuvre étrangère. Dans ce texte, il ne sera plus nécessaire de vérifier si des Allemands ou des Européens pourraient occuper certains emplois. Au Canada, c’est aussi par une grille de sélection que les visas d’immigration sont accordés. Bien que dans la loi canadienne sur l’immigration prône l’égalité dans le traitement des dossiers, la réalité montre que plus de la moitié des immigrants sont choisis en fonction de leur compétence pour qu’ils deviennent plus tard des acteurs économiques pour le pays d’accueil. Pour les étudiants par exemple, il faut justifier d’un montant 7000 $ minimum. Tout est donc une question de calcul et d’intérêts.

Mais cette forme d’immigration cause beaucoup de tort à l’Afrique et essuie beaucoup de critiques. En effet pour remplir les conditions d’obtention des visas, des familles sont obligées de contracter des prêts ou vendre leurs biens afin de permettre aux étudiants par exemple de préparer leur départ. Ce phénomène d’endettement s’observe aussi pour le cas des clandestins. Mais là c’est un autre débat. Les fonds envoyés par les immigrés dans leur pays d’origine dépassent l’aide internationale. Faut-il voir dans ces statistiques une stratégie en  trompe l’œil utilisé par les gouvernements des pays africains ou occidentaux pour encourager cette immigration choisie ? Difficile à dire. Toujours est-il que   le continent voit ainsi partir des personnes qualifiées et compétentes qui auraient pu participer à son développement. C’est là qu’il faut aussi pointer la responsabilité des gouvernements des pays d’origine.

En effet, c’est la quête d’une vie meilleure qui pousse beaucoup à partir faire valoir leur compétence en Occident. Le découragement, l’absence de reconnaissance sont des motifs de départ volontaire. Certains immigrés « choisis » ont décidé de repartir dans leur pays afin d’y travailler ou créer des entreprises. Si le choix a été gagnant pour les uns, d’autres se sont très vite confrontés aux réalités locales. Il faut donc créer des conditions minimales pour dissuader les compétences de céder aux sirènes occidentales.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google images

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